<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://didier-moreau.net/spip/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Textes d'Albert RICHARD</title>
	<link>https://didier-moreau.net/spip/</link>
	<description></description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://didier-moreau.net/spip/spip.php?page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />




<item xml:lang="fr">
		<title>62 - Christophe Rosso</title>
		<link>https://didier-moreau.net/spip/spip.php?article151</link>
		<guid isPermaLink="true">https://didier-moreau.net/spip/spip.php?article151</guid>
		<dc:date>2025-08-12T18:49:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Albert</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Deuxi&#232;me tentative&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://didier-moreau.net/spip/spip.php?rubrique2" rel="directory"&gt;02 - Histoires Courtes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il vit au bord de la mer, dans un pays o&#249; le soleil ne s'absente pas souvent. L'eau de la mer est si belle que tous les deux jours, il la regarde longuement quand il va acheter le quotidien local au kiosque de la plage. Les nouvelles du coin, les faits divers en remplissent les pages.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui un titre qui pourrait faire partie des faits divers attire tout de suite son attention. Il a saisi le journal et lit d&#233;j&#224; l'article. Il ne l'a pas encore pay&#233;. Il tend la monnaie au kiosquier tout en lisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un promeneur a disparu depuis deux jours pr&#232;s d'Utelle.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le nom du village qui a excit&#233; sa curiosit&#233;. C'est un endroit qui lui est familier. Il a pass&#233; de nombreuses ann&#233;es de sa jeunesse chez son oncle et sa tante qui habitaient &#224; c&#244;t&#233; de ce village.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il demande alors au marchand de journaux s'il a encore celui d'hier. Il est l&#224;, il l'ach&#232;te. Il va retourner &#224; la maison et va pouvoir d&#233;couvrir les informations sur ce pays qu'il conna&#238;t si bien, depuis si longtemps.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est pas le promeneur disparu qui le pr&#233;occupe mais plut&#244;t ce lieu qu'il conna&#238;t et qui le rattache &#224; son enfance. Le fait qu'un gars se soit perdu ou bien ait eu un accident passe au second plan.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; la limite, c'est presque pour qu'un journaliste lui parle d'un endroit o&#249; il a pass&#233; une grande partie de sa jeunesse, pour qu'il retrouve une partie de sa vie qu'il affectionne beaucoup.&lt;br class='autobr' /&gt;
M&#233;thodiquement il a commenc&#233; la lecture du journal de la veille car l&#224; aussi on parle du disparu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un marcheur qui est descendu &#224; l'h&#244;tel de la mer n'a pas rejoint son h&#244;tel &#224; la fin de la journ&#233;e. On ne sait pas exactement si cela date d'un jour ou deux.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'h&#244;telier interrog&#233; ne se montre pas trop pr&#233;cis. Il mentionne toutefois la voiture du promeneur qui n'a pas chang&#233; de place. Quant au nom il dit qu'il ne le donnera qu'&#224; la police.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout ce qu'il peut dire c'est que le marcheur est parti assez t&#244;t car il avait demand&#233; un panier-repas. Bref personne ne l'a vu le matin quand il est parti car le personnel n'arrive qu'&#224; sept heures moins le quart.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le journal du lendemain on apprend que :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le chien qui l'avait peut-&#234;tre accompagn&#233; est revenu seul.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques jours plus tard, il y a d'autres informations sur le chien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;C'est un &#233;pagneul breton. Ce n'est pas le chien du promeneur. C'est celui d'un habitant du village qui l'a dress&#233; pour qu'il ram&#232;ne les marcheurs qu'il trouvait sur le sentier jusque devant de l'h&#244;tel.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est, en quelque sorte un chien rabatteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'h&#244;telier lui donnait &#224; manger uniquement lorsqu'il ramenait les clients ou d'autres promeneurs &#224; l'h&#244;tel.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cet h&#244;tel, il y a un couple de Plouques. Le boulanger F&#233;licien et sa femme G&#233;rarde. Ils se sont promen&#233;s souvent en compagnie du chien.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et &#224; chaque balade ils croyaient qu'ils allaient d&#233;couvrir le mort. Et chaque fois, le chien les ramenait &#224; l'h&#244;tel.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais quand les policiers ont trouv&#233; le corps du disparu, cela a cr&#233;&#233; un malaise au niveau du chien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le propri&#233;taire ne le voulait plus car il l'estimait coupable de ne pas avoir ramen&#233; le promeneur (celui qui a disparu et que l'on a retrouv&#233; mort) &#224; bon port.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quant &#224; l'h&#244;telier, il ne le nourrissait plus, il ne voulait plus en entendre parler. Il disait c'est le chien de la mort. Il ajoutait : je ne veux plus le voir devant mon &#233;tablissement.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le couple de Plouques l'a adopt&#233; et ils sont retourn&#233;s chez eux avec le chien. C'est comme &#231;a qu'on a su son nom, il s'appelle Olibrius.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>61 - L'angoisse de Christophe Rosso</title>
		<link>https://didier-moreau.net/spip/spip.php?article150</link>
		<guid isPermaLink="true">https://didier-moreau.net/spip/spip.php?article150</guid>
		<dc:date>2025-08-09T17:17:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Albert</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Premi&#232;re tentative&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://didier-moreau.net/spip/spip.php?rubrique2" rel="directory"&gt;02 - Histoires Courtes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Christophe Rosso a pris l'habitude d'acheter le journal local un jour sur deux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui, il va au kiosque install&#233; sur la promenade et prend le num&#233;ro en vente. Il va le lire chez lui, sur sa terrasse &#224; l'abri du soleil qui est rarement absent ici.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s qu'il s'installe, il est happ&#233; par le titre qui figure au bas de la premi&#232;re page :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Sur les hauteurs de Gilette un promeneur a disparu depuis deux jours.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le peloton de policiers de la SATIRUCES 55-45 est sur place depuis hier. Leurs recherches n'ont toujours pas abouti.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce titre qui s'apparente &#224; un fait divers inqui&#232;te Christophe Rosso.&lt;br class='autobr' /&gt;
Est-ce que le journal en a d&#233;j&#224; parl&#233; ? Il faut retourner chez le marchand de journaux et voir s'il lui reste un exemplaire du journal d'hier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par chance le kiosquier en a un parmi les invendus.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au retour Christophe va enfin pouvoir trouver d'autres renseignements sur cet homme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et effectivement, hier d&#233;j&#224;, le disparu faisait la une du journal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;On d&#233;plore un accident qui aurait pu arriver &#224; un homme d'un certain &#226;ge et qui est parti d&#233;couvrir la montagne d'Utelle. Il n'a pas r&#233;apparu &#224; son h&#244;tel et sa voiture immatricul&#233;e dans le d&#233;partement est toujours l&#224; devant l'entr&#233;e de l'h&#244;tellerie. On ignore son identit&#233;, les SATIRUCES n'ont pas voulu communiquer.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre lecteur est angoiss&#233; &#224; tel point qu'il va aller acheter le journal chaque jour pour savoir quoi et qu'est-ce.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais pourquoi s'inqui&#232;te-t-il &#224; ce point ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Si nous lui avions pos&#233; la question, il nous aurait r&#233;pondu :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Je connais particuli&#232;rement la r&#233;gion o&#249; l'homme s'est perdu. Dans ma jeunesse, en &#233;t&#233;, je passais toutes mes vacances chez mon oncle et ma tante qui habitent Gilette. Je connais tr&#232;s bien la r&#233;gion car souvent mes oncle et tante m'amenaient dans les hauteurs de Gilette. Ils sont m&#234;me une fois all&#233;s tout pr&#232;s d'Utelle visiter le Vallon du Silence. Un lieu dont j'ai gard&#233; le souvenir. &#192; l'&#233;poque, j'avais &#233;t&#233; tr&#232;s impressionn&#233;. Mon oncle avait-il voulu me faire peur ou bien ce n'&#233;tait qu'une bravade, je ne sais plus.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nulle part dans le journal on n'indique le nom du promeneur.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#199;a fait rien, Christophe s'inqui&#232;te et va acheter le journal tous les jours.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il imagine que le promeneur est tomb&#233; et qu'il ne peut bouger. Il attend les secours mais il a le sentiment qu'ils ne viendront pas. Il va mourir tout seul, abandonn&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le troisi&#232;me jour il est question d'un chien qui appartiendrait au promeneur. Quelqu'un l'a vu et le d&#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;C'est un vrai b&#226;tard dans le genre &#233;pagneul breton avec des taches marrons sur son pelage.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques SATIRUCES auraient essay&#233; de suivre le chien. Mais cela ne donne rien car l'&#233;pagneul veut bien les emmener mais l&#224; o&#249; il va il n'y a personne. On dirait m&#234;me qu'il les prom&#232;ne sur un circuit qu'il conna&#238;t par c&#339;ur et qui finit toujours devant l'h&#244;tel.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le quatri&#232;me jour les policiers ont appris de l'h&#244;telier que ce chien qui s'appelle Olibrius appartient &#224; un voisin, absent en ce moment, qui l'a dress&#233; pour attirer les promeneurs jusqu'&#224; l'h&#244;tel.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette information a d&#233;&#231;u Christophe car il esp&#233;rait beaucoup du chien mais devant les r&#233;v&#233;lations de l'h&#244;telier, il perd son optimisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Jour apr&#232;s jour l'espoir s'amenuisait et les tourments de Christophe augmentaient.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il revoyait le vallon du silence, pressentait que le marcheur &#233;tait tomb&#233; l&#224;, qu'il se mourait dans l'indiff&#233;rence g&#233;n&#233;rale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il voulut un moment aller dire aux Satiruces ce qu'il savait et au besoin les conduire o&#249; le promeneur avait pu tomber.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais avant, il a t&#233;l&#233;phon&#233; &#224; son oncle. Il lui a racont&#233; ce qui se passait et lui a demand&#233; son avis sur une &#233;ventuelle intervention aupr&#232;s des policiers.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'oncle lui a gentiment d&#233;conseill&#233; de le faire. Et il a jout&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Si ce type a fait une chute et s'il y a plusieurs jours qu'ils le cherchent, je suis plus que certain que le jour o&#249; ils le trouveront, il sera mort depuis longtemps.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis deux jours plus tard, le journal lui apprit qu'un t&#233;moin aurait vu partir le promeneur et le chien mais ils &#233;taient suivi, para&#238;t-il, par une femme (dans le genre boh&#233;mienne) qui les poursuivait en leur hurlant, quoi ? On ne savait pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors Christophe imagina que la boh&#233;mienne avait suivi l'homme, qu'ils s'&#233;taient disput&#233;s et que dans un geste involontaire ou brusque elle l'aurait fait tomber au fond du ravin.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais quelle pouvait &#234;tre la valeur de ce t&#233;moignage qui intervenait au septi&#232;me jour de la disparition de l'homme ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>60 - L'autre coin de la rue</title>
		<link>https://didier-moreau.net/spip/spip.php?article149</link>
		<guid isPermaLink="true">https://didier-moreau.net/spip/spip.php?article149</guid>
		<dc:date>2025-08-07T15:41:15Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Albert</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;C'est la suite des Histoires Courtes 21 et 47&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://didier-moreau.net/spip/spip.php?rubrique2" rel="directory"&gt;02 - Histoires Courtes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il descendit les escaliers en se r&#233;p&#233;tant les mots auto-entrepreneur, c'&#233;tait peut-&#234;tre dangereux car il ne regardait pas trop o&#249; il mettait les pieds.&lt;br class='autobr' /&gt;
Arriv&#233; au bas sans encombre, il s'arr&#234;ta devant la glace et se regardant parler, il dit : &#034;Je ferai de la figuration, d'accord, puisque je ne sais faire que &#231;a. Mais je serai ind&#233;pendant, c'est &#224; la mode actuellement, je serai un entrepreneur individuel&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il se tourna vers la porte de sortie et v&#233;rifia que personne ne l'avait observ&#233; pendant son discours. Et il allait poser sa main sur la poign&#233;e de la porte quand soudain il se rappela qu'il avait oubli&#233; de fermer la porte de son appartement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant presque un quart de seconde, il h&#233;sita (est-ce que cela &#233;tait important ?). Oui, pensa-t-il, il me faut remonter tous ces escaliers.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et il monta et cette fois sans se r&#233;p&#233;ter quoi que ce soit car il crut comprendre que c'&#233;tait l&#224; la cause de son oubli.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsqu'il arriva, il put constater qu'il avait aussi laiss&#233; les clefs &#224; l'int&#233;rieur. Il dut rentrer chez lui et les d&#233;crocher du porte-cl&#233;s en bois qu'il avait dans le petit r&#233;duit qui lui servait d'entr&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il sortit, tira la porte, ferma les trois verrous et redescendit calmement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Arriv&#233; en bas, il se fit la r&#233;flexion que somme toute revenir sur ses pas ne lui avait pas pris tant de temps que &#231;a. Pour un peu il allait se f&#233;liciter d'avoir remont&#233; alors que son d&#233;part pr&#233;cipit&#233; &#233;tait le seul fautif.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sans refaire la d&#233;claration d'intentions devant la glace il sortit&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s qu'il fut dehors l'air frais le surprit &#224; tel point qu'il ne sut de quel c&#244;t&#233; aller. Il h&#233;sita mais penchant d&#233;j&#224; &#224; gauche, il partit &#224; droite pour bien se faire voir qu'il &#233;tait, maintenant qu'il s'&#233;tait promu auto-entrepreneur, le ma&#238;tre de ses d&#233;cisions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il passa plusieurs rues mais leurs coins ne lui plurent pas assez pour qu'il s'arr&#234;te ou m&#234;me qu'il h&#233;site.&lt;br class='autobr' /&gt;
Malgr&#233; tout il aborda une rue o&#249; il y avait beaucoup de voitures et il dut attendre.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'une d'elles s'arr&#234;ta sur le trottoir en-face de lui.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait Didier Moreau. Il baissa la vitre et lui demanda ce qu'il fichait l&#224;.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mais comment, vous n'avez pas re&#231;u ma lettre de d&#233;mission ? je vous l'ai envoy&#233;e tant&#244;t.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je n'ai encore rien re&#231;u.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je ne suis plus votre salari&#233;, je suis devenu auto-entrepreneur. C'est moi qui dis ce que je dois faire.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pas possible, ah ! ben &#231;a alors comme surprise c'en est une belle !
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; C'est comme &#231;a, c'est la vie.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; D'accord, mais l&#224; tu fais quoi ?
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Comme ma d&#233;cision a &#233;t&#233; un peu rapide, je n'ai pas eu le temps de r&#233;fl&#233;chir alors je reprends l'histoire du coin de la rue mais ce sera &#224; ma fa&#231;on.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Bon, et bien bonne chance et &#224; la prochaine.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Il n'y en aura pas, j'ai fini d'&#234;tre votre esclave.&lt;br class='autobr' /&gt;
La vitre remonta et le v&#233;hicule s'en alla.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais pendant tout cet &#233;change chacun &#233;tait rest&#233; de son c&#244;t&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le prochain coin lui plut bien et il s'y arr&#234;ta d'une mani&#232;re plus ou moins naturelle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il savait que les gens ne s'arr&#234;taient &#224; un endroit que pour attendre, quelqu'un ou quelque chose.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais pour le moment il n'attendait rien ni personne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il se dit qu'il avait rendez-vous avec lui-m&#234;me. Puisqu'il &#233;tait devenu libre, il lui fallait trouver une id&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est avec un peu de souci qu'il pensa &#224; la lettre-avion de papier. Didier la recevrait-il un jour ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>59 - Douze enfants</title>
		<link>https://didier-moreau.net/spip/spip.php?article148</link>
		<guid isPermaLink="true">https://didier-moreau.net/spip/spip.php?article148</guid>
		<dc:date>2025-06-18T16:11:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Albert</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Eh bien, vous voil&#224; dans de beaux draps !&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://didier-moreau.net/spip/spip.php?rubrique2" rel="directory"&gt;02 - Histoires Courtes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans le train rapide qui la ramenait chez elle, un homme s'est assis en face d'elle. Il lui a racont&#233; qu'il avait &#233;t&#233; s&#233;duit par les douze valises qu'il a vues dans le compartiment &#224; bagages. Il voulait les acheter. Il lui a tellement bien pr&#233;sent&#233; la chose qu'elle a fini par craquer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle, Ira Casdenet dit L'Ange, a &#233;chang&#233; ses douze valises de cuir marron qu'elle venait d'acheter &#224; Dacotet contre vingt-quatre billets violets. Elle les a enferm&#233;s dans sa petite valisette de carton rouge.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et le train s'est arr&#234;t&#233; et elle en est descendue.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant qu'elle retournait &#224; son appartement, elle pensa qu'elle n'avait pas demand&#233; son nom &#224; l'acheteur des valises, encore moins son adresse ou son num&#233;ro de t&#233;l&#233;phone.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette chose la troubla un peu mais d&#232;s qu'elle mit le pied dans son logement, elle s'&#233;cria subitement :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mais pourquoi j'ai fait &#231;a ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle tapait sur la table de la cuisine et disait &#224; chaque fois &#034;mais pourquoi, dis le moi&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle alla chez sa voisine, Maud, pour lui raconter ce qu'il lui &#233;tait arriv&#233;. Maud fut presque pas impressionn&#233;e. Le chiffre douze la laissa compl&#232;tement indiff&#233;rente. Elle lui proposa de sortir, d'aller prendre l'air. Mais elle ne se rendait pas bien compte de l'importance de ces douze valises pour Ira.&lt;br class='autobr' /&gt;
En dehors de la marche &#224; pieds, elle ne lui fut pas d'un grand secours car elle ne voyait pas trop le lien entre les 12 valises et les enfants qu'Ira d&#233;sirait.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le lendemain Ira d&#233;cida qu'on avait tous le droit de se tromper et de changer d'avis.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#034;Je retrouverai mes valises&#034; dit-elle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne veux plus les vendre, je regrette cher monsieur mais j'ai chang&#233; d'avis. Tenez vos 24 billets, rendez-moi mes 12 valises.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle raisonnait comme si l'acheteur &#233;tait devant elle. Mais elle savait bien qu'elle ignorait tout de lui, elle n'avait ni son nom ni son adresse. La seule chose qui lui restait, c'&#233;tait le souvenir de son visage. Oui, elle le reconna&#238;trait (si elle le rencontrait un jour).&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais o&#249; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Lui vint &#224; l'esprit cette id&#233;e du train, il n'y a que l&#224; qu'elle pourrait le retrouver.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ok, d'accord, je vais prendre le train.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'irai &#224; Dacotet et j'en reviendrai et avec un peu de chance je vais le retrouver.&lt;br class='autobr' /&gt;
La voil&#224; partie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle est dans le train qui va &#224; Dacotet. Elle cherche, mine de rien, dans tous les wagons mais elle ne le trouve pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle est d&#233;sesp&#233;r&#233;e, elle s'en veut d'avoir c&#233;d&#233; ses douze valises.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais elle ne pleure pas, elle ne se d&#233;courage pas, elle va prendre le train du retour, elle garde espoir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une fois qu'elle est mont&#233;e dans le train du retour, elle visite tous les wagons comme elle l'avait fait pour le train de l'aller.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et pareillement, elle ne trouve pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le dernier wagon, une place semble libre, elle s'y laisse tomber un peu d&#233;courag&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
En face d'elle, un vieux monsieur la regarde. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce ne peut &#234;tre lui, il est vieux et l'autre &#233;tait assez jeune, se dit-elle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voyant qu'elle est un peu triste, le vieux monsieur veut essayer de la d&#233;rider, il lui dit en plaisantant :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Un de perdu dix de retrouv&#233;s.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mais non, mon brave, ce n'est pas une que j'ai perdue c'est douze que j'ai perdues.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mais comment ? Racontez moi un peu, on dit souvent que cela fait du bien de parler de ses malheurs.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Eh bien, &#231;a s'est pass&#233; comme &#231;a.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis all&#233;e &#224; Dacotet pour acheter des valises. Je les voulais solides et bien faites. &#199;a a &#233;t&#233; un peu difficile parce que j'en voulais douze. Il fallait &#224; tout prix qu'elles soient les m&#234;mes et en cuir avec une poign&#233;e en cuir de la m&#234;me couleur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Vous allez me dire : mais pourquoi douze ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout &#231;a parce que j'ai le projet d'avoir douze enfants autant que les pays fondateurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ensuite vous demanderez pourquoi des valises.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors je vous r&#233;pondrai que lorsqu'ils auront l'&#226;ge de parcourir le vaste monde, ils auront leur valise toute pr&#234;te.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bref, j'&#233;tais tr&#232;s contente de mes achats, je revenais chez moi avec mes douze valises en cuir marron avec la poign&#233;e de cuir de la m&#234;me couleur. Je les avais rang&#233;es comme &#224; la parade dans le casier aux bagages.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et puis un homme est entr&#233; dans ce compartiment, il a vu les valises et il en est tomb&#233; amoureux imm&#233;diatement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce devait &#234;tre un collectionneur fortun&#233; car il est venu s'asseoir devant moi comme vous l'&#234;tes en cet instant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il m'a racont&#233; je ne sais plus quoi et pour finir m'a propos&#233; de les acheter. Il a sorti de son porte-document 24 billets de banque violets neufs, ils sentaient encore l'imprimerie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces billets &#233;taient si beaux, ils &#233;taient de v&#233;ritables &#339;uvres d'art que je n'ai su r&#233;sister. Je les lui ai pris, je les ai mis dans ma petite valisette de carton rouge et voil&#224; le d&#233;but de mon malheur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Car en abandonnant mes douze valises je perds l'id&#233;e de mes douze futurs enfants.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est un peu comme si je les avais abandonn&#233;s. Avant, dans les contes, on allait abandonner ses enfants en for&#234;t, eh bien moi, je les aurai abandonn&#233;s dans le train.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et le plus triste dans cette histoire lamentable, c'est que je ne connais m&#234;me pas le nom, ni l'adresse, ni le t&#233;l&#233;phone de cette personne qui a abus&#233; de moi.&lt;br class='autobr' /&gt;
La seule chance qui me reste c'est de le retrouver dans le train, dans ce train.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Eh bien, vous voil&#224; dans de beaux draps.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne sais pas quoi vous conseiller mais je vous dirai mon opinion et cela vous distraira un peu de vos probl&#232;mes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout d'abord la chance de retrouver cet homme qui a &#233;chang&#233; les valises contre les billets violets est vraiment toute petite, je dirai m&#234;me qu'elle est infime mais elle existe, &#231;a je peux vous l'assurer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ensuite, au lieu de vous d&#233;sesp&#233;rer, vous pouvez retourner &#224; Dacotet et avec les billets du collectionneur acheter de nouvelles valises, peut-&#234;tre pas douze mais si vous y tenez, alors pourquoi pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais le plus d&#233;licat de l'affaire c'est le nombre d'enfants que vous projetez d'avoir. L&#224; je butte sur un gros , tr&#232;s gros probl&#232;me, quelque chose de grave.&lt;br class='autobr' /&gt;
Douze ! Quel chiffre ! Il est &#233;norme, je ne sais pas si vous vous rendez bien compte.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce chiffre de douze enfants va faire fuir tous les pr&#233;tendants que vous aurez l'occasion de rencontrer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce que je vous propose, c'est de faire avec pr&#233;cision et exactitude douze voyages aller-retour pour rencontrer votre acheteur.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; chaque aller-retour que vous ferez en vain, je vous sugg&#232;re de diminuer le nombre de valises que vous allez envisager de racheter &#224; Dacotet d'une unit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s les douze aller-retour vains, je vous sugg&#232;re de vous engager pour douze ann&#233;es dans une organisation charitable, celle que vous voudrez.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par contre, il se peut que dans un de vos 12 aller-retours, vous rencontriez un homme qui soit int&#233;ress&#233; non par votre histoire mais par vous. Alors l&#224;, sautez sur l'occasion et n'allez surtout pas lui parler de valises.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>58 - Le cade mill&#233;naire</title>
		<link>https://didier-moreau.net/spip/spip.php?article147</link>
		<guid isPermaLink="true">https://didier-moreau.net/spip/spip.php?article147</guid>
		<dc:date>2024-08-16T16:17:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Albert</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;C'est ce qu'on pourrait appeler un arbre remarquable mais bon...&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://didier-moreau.net/spip/spip.php?rubrique2" rel="directory"&gt;02 - Histoires Courtes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Haiffe et Didier Moreau sont amis d'enfance ; amis pour toujours s'&#233;taient-ils jur&#233;s &#224; l'&#233;poque de leur jeunesse commune. Tous les deux sont n&#233;s la m&#234;me ann&#233;e &#224; quelques jours d'intervalle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis qu'Haiffe savait que Didier et Jeanne vivaient ensemble &#224; c&#244;t&#233;, elle ne les rencontraient pas souvent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais lorsqu'elle a appris que Jeanne avait une s&#339;ur, qu'elle s'appelait Vamka Chelvert Devague, qu'elle &#233;tait arboricultrice alors elle s'est dit que &#231;a faisait beaucoup trop et qu'il fallait &#224; tout prix le d&#233;fendre de l'influence conjugu&#233;e de ces deux femmes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi a-t-elle eu cette id&#233;e ? &#192; quels signes a-t-elle senti Didier sous influence ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Est-ce que la jalousie ne se serait pas un peu gliss&#233; quelque part dans les raisonnements de Haiffe.&lt;br class='autobr' /&gt;
Son vrai nom &#233;tait Laurence Haiffe mais, un jour d'il y a longtemps de cela, elle avait d&#233;cid&#233; que d&#233;sormais on l'appellerait Haiffe.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle rendit visite &#224; Didier avec quatre photographies d'un arbre plant&#233; au milieu de vignes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle les portait devant elle comme si c'&#233;taient quelques choses fragiles, elle avait mis sa main au-dessous.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; C'est pour pas qu'elles tombent, dit-elle &#224; Didier qui lui demanda d'o&#249; elle tenait ces reproductions.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; C'est pas important, lui a-t-elle r&#233;torqu&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et en ne r&#233;pondant pas &#224; la question, elle voulait peut-&#234;tre dissimuler ou bien ne pas faire conna&#238;tre l'origine de ces images, tout &#231;a pour se donner de l'importance, certainement.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est vrai que cela ne changeait rien de savoir ou pas mais Didier eut l'impression de quelque chose qu'il avait d&#233;j&#224; v&#233;cu. Et en m&#234;me temps d'un petit myst&#232;re cr&#233;&#233; par Haiffe.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Tu es s&#251;re que ce ne sont pas des photographies de tableaux ?
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; J'en sais rien, je suis venue te les faire voir.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait un vieil arbre, pas tr&#232;s haut, un peu aplati au sommet, assez touffu, bref il n'y avait pas de quoi trouver de l'int&#233;r&#234;t &#224; cet arbre, en dehors du fait que c'&#233;tait un arbre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et, chose &#233;trange, c'&#233;tait peut-&#234;tre cela qui la troublait, il &#233;tait compl&#232;tement entour&#233; de vignes, petites et basses. Si petites et si basses qu'elles semblaient faire le gros dos.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un des clich&#233;s avait &#233;t&#233; pris au-dessous de branches de l'arbre : elles &#233;taient quatre ou cinq et presque horizontales.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un autre faisait voir le tronc &#233;pais et tortur&#233; ; il semblait se d&#233;chirer en longueur un peu comme s'il y avait trop de choses, trop de vie en lui.&lt;br class='autobr' /&gt;
On ne d&#233;taillait pas le feuillage mais il semblait tr&#232;s embrouill&#233;. Il &#233;tait peut-&#234;tre piquant.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Et pourquoi tu m'am&#232;nes ces &#233;preuves ?
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pour te le faire conna&#238;tre.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mais c'est un arbre tout ce qu'il y a de plus banal ; tu sais que par ici, il y en a des dizaines, peut-&#234;tre m&#234;me des centaines.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ah, bon ! Je savais pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Encore une chose que tu ne m'avais pas dite. Depuis que Jeanne est l&#224;, avec toi, je ne sais plus rien.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#201;videmment celui que tu veux me faire voir, il est tr&#232;s, tr&#232;s vieux. Certains disent qu'il a plus de mille ans. D'autres avancent le chiffre de 2000 ans.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mais alors tu le connais ?
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Bien s&#251;r que je le connais depuis longtemps. Qui est-ce qui n'a pas entendu parler du cade mill&#233;naire ?&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est ce qu'on pourrait appeler un arbre remarquable mais bon&#8230;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Si je t'ai port&#233; tout &#231;a, c'est que je voudrais aller le voir. Mais je n'ose pas y aller toute seule. Tu veux pas venir avec moi ?
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mais ce n'est pas possible, on ne peut pas le voir. Il n'est visible que de loin avec des jumelles. Il est interdit de l'approcher. C'est devenu un v&#233;ritable monument de la nature et il faut le prot&#233;ger des ind&#233;licats. Les seules personnes qui sont autoris&#233;es &#224; le visiter sont des scientifiques, des personnes qui ont fait de longues et laborieuses &#233;tudes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et puis, de le voir cela t'apprendrait quoi ? Tu sais, ceux d'ici sont les m&#234;mes. Ils ne sont certainement pas aussi vieux mais ils sont identiques. Pas besoin d'aller l&#224;-bas, tu peux en voir ici aussi.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oui, peut-&#234;tre mais j'emm&#232;nerais un photographe, il me prendrait en photo avec l'arbre, tout contre l'arbre, ce serait g&#233;nial.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Non, ce ne sera pas g&#233;nial.&lt;br class='autobr' /&gt;
Parce que c'est un arbre qui apporte le malheur &#224; ceux qui vont lui rendre visite.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est tr&#232;s difficile de l'approcher, il a des feuilles piquantes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il r&#233;pand autour de lui une influence de discorde, c'est pour cela qu'il est entour&#233; de vignes. Elles, elles arrivent &#224; le supporter.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'y a que les oiseaux qui, quelquefois, vont manger ses baies.&lt;br class='autobr' /&gt;
En tout cas ne compte pas m'y emmener, je crains trop les mauvaises histoires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais si tu as le courage de venir visiter les cades voisins alors je veux bien t'accompagner. Les cades d'ici sont bien plus jeunes mais ils n'ont pas la m&#233;chancet&#233; de celui que tu veux me faire voir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Parce qu'en r&#233;alit&#233; le cade qui a &#233;t&#233; pris en photographie est si vieux, il a &#233;t&#233; le t&#233;moin de tant de choses, de tant de malheurs qu'il s&#233;cr&#232;te que du mauvais.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il ne faut pas l'approcher, m&#234;me de loin, de tr&#232;s loin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>57 - C'&#233;tait juste pour te dire</title>
		<link>https://didier-moreau.net/spip/spip.php?article146</link>
		<guid isPermaLink="true">https://didier-moreau.net/spip/spip.php?article146</guid>
		<dc:date>2024-06-30T04:49:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Albert</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;l'arbre &#233;tait malade&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://didier-moreau.net/spip/spip.php?rubrique2" rel="directory"&gt;02 - Histoires Courtes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Arriv&#233; sur la place, j'ai trouv&#233; les gens en effervescence. Ils faisaient beaucoup de bruit car on venait de couper l'arbre qui auparavant paradait au beau milieu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors que j'&#233;tais assez press&#233;, tout ce remue-m&#233;nage m'obstruait le passage.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai d&#251; faire le tour complet pour arriver &#224; sortir car en plus il y avait un groupe de techniciens des arbres qui s'agitaient furieusement et semblaient faire du bruit presque pour le plaisir. Il faut pr&#233;ciser qu'il y en avait plusieurs avec des scies qu'ils faisaient tourner pour faire savoir qu'ils faisaient quelque chose. Pour pas que leurs outils se rouillent ou s'endorment.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces travailleurs n'avaient pas l'air d'&#234;tre dirig&#233;s par qui que ce soit. Effectivement, un gars &#233;tait attabl&#233; au bar avec un verre devant lui, il semblait &#234;tre le chef. Il les regardait faire d'un air attendri.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bref, je devais sortir de ce rassemblement tumultueux, aussi je me suis faufil&#233; derri&#232;re une dame d'un &#226;ge certain et juste au moment o&#249; je passais &#224; sa hauteur, j'entendis qu'elle criait dans son t&#233;l&#233;phone : &#034;C'&#233;tait juste pour te dire&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je n'ai pas entendu la suite, il y avait beaucoup trop de bruit&lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait peut-&#234;tre une m&#232;re qui t&#233;l&#233;phonait &#224; sa fille ou bien &#224; son mari, personnes proches d'elle.&lt;br class='autobr' /&gt;
La fille ou le mari peuvent &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme des subordonn&#233;s, donc elle vient donner des ordres mais elle prend des gants pour le faire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'&#233;tait certainement pas pour dire que l'arbre avait &#233;t&#233; coup&#233;, la fille et le mari devaient s'en ficher.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je pouvais tout imaginer, par exemple la dame pouvait dire &#224; sa fille qu'elle va voir quelqu'un, ou bien qu'elle va manger dans un restaurant rapide v&#233;g&#233;tarien ou tout autre chose.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais malgr&#233; tout ce que j'aurai pu inventer, je restais l&#224; comme si elle m'avait attrap&#233; par les oreilles et qu'elle m'ait emp&#234;ch&#233; d'aller plus loin.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ou bien, c'&#233;tait ma curiosit&#233; qui m'offrait l&#224; une occasion &#224; ne pas laisser passer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors je me suis arr&#234;t&#233; mais pas trop pr&#232;s pour ne pas avoir l'air d'espionner cette &#233;l&#233;gante dame.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'observais les hommes qui travaillaient et s'attaquaient au tronc encore debout. Ils faisaient une tranche verticale puis une autre en croix et enfin horizontalement, ils faisaient marcher leurs scies qui faisaient beaucoup de bruit, et le bois coup&#233; en faisait encore plus. C'&#233;tait un peu comme s'il leur disait : &#171; Eh les gars, allez-y mou ou je me f&#226;che &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Chacun voulait tenir sa scie et faire du bruit avec, un peu comme le jeu de celui qui ferait le plus de bruit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je trouvais leur fa&#231;on de proc&#233;der bizarre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Est-ce que cette attitude fut mal interpr&#233;t&#233;e, les techniciens ne voulaient ils plus voir de t&#233;moins &#224; leur laisser-aller ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Ils se regroup&#232;rent et firent des signes comme quoi ils n'&#233;taient pas d'accord sur notre pr&#233;sence. Aussi, je me rapprochai de la dame pour faire bloc de d&#233;fense et en m&#234;me temps impressionner un peu ces rousp&#233;teurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au lieu de protester contre notre pr&#233;sence, ils auraient mieux fait de travailler avec un peu plus de s&#233;rieux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Maintenant que j'&#233;tais pr&#232;s d'elle, je pouvais sentir le parfum qui l'entourait. C'&#233;tait calmant et charmant &#224; la fois. D'un autre c&#244;t&#233;, me voyant arriver pr&#232;s d'elle, elle se sentit un peu rassur&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle &#233;tait toujours en train de t&#233;l&#233;phoner. Je ne comprenais plus ce qu'elle disait. Elle parlait dans une autre langue que je ne connaissais pas. Pourquoi faisait-elle &#231;a ? Se m&#233;fiait-elle de moi ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Et chaque fois qu'une scie d&#233;chirait l'air, elle criait presque dans son t&#233;l&#233;phone mais cela ne m'avan&#231;ait pas car je ne comprenais toujours pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le travail des techniciens semblait bient&#244;t achev&#233;. Leur chef avait enfin daign&#233; se d&#233;placer pour constater l'avancement des travaux ; il ne restait plus qu'un mauvais moignon de bois qui affleurait encore.&lt;br class='autobr' /&gt;
La dame se tourna vers moi car elle avait fini sa communication, elle me dit sur un ton interrogatif :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vous croyez qu'ils replanteront le m&#234;me ?
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Apparemment la vie de l'arbre est finie. Est-ce qu'ils en replanteront un de la m&#234;me esp&#232;ce, c'est peut-&#234;tre possible mais je n'en sais fichtrement rien.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sentez-vous l'odeur du bois qui s'exhale du moignon. Elle ressemble &#224; celle des oliviers.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Non, je ne sens pas. &#201;loignons-nous d'eux.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vous savez, ils pr&#233;tendaient que l'arbre &#233;tait malade, c'est pour &#231;a qu'ils l'ont d&#233;coup&#233; en tranches. Elles vont &#234;tre analys&#233;es, &#224; ce qu'on m'a dit.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pensez-vous ! C'&#233;tait uniquement pour s'amuser. En m&#234;me temps ils se moquaient un peu de leur chef qui se tenait &#224; l'&#233;cart.&lt;br class='autobr' /&gt;
En revanche vous &#234;tes rest&#233; pr&#232;s de moi malgr&#233; le bruit, je trouve que c'est tr&#232;s gentil de votre part.&lt;br class='autobr' /&gt;
Vous pensez que cet arbre &#233;tait vraiment &#224; abattre ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Il devait g&#234;ner quelqu'un, c'est mon avis. Peut-&#234;tre une personne influente qui habite sur la place et qui en avait assez de le voir, devant sa fen&#234;tre tous les jours de l'ann&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et je vous fiche mon billet qu'on ne replantera pas d'arbre.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#192; propos de son film &#034;Une histoire vraie&#034; David Lynch dit que l'histoire peut &#234;tre vraie ou fausse mais que si on y entre, on finit par y croire &#224; fond.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>56 - Les 12 valises de cuir marron</title>
		<link>https://didier-moreau.net/spip/spip.php?article145</link>
		<guid isPermaLink="true">https://didier-moreau.net/spip/spip.php?article145</guid>
		<dc:date>2024-06-24T19:00:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Albert</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;pour d&#233;couvrir le monde&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://didier-moreau.net/spip/spip.php?rubrique2" rel="directory"&gt;02 - Histoires Courtes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tous les voyageurs s'&#233;taient mass&#233;s sur le quai, ils attendaient le train.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le rapide arriva et, dans un grand bruit de freins qui n'en pouvaient plus de serrer, il ralentit puis finit par s'arr&#234;ter l&#224; o&#249; il devait le faire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une fois que les portes automatiques furent ouvertes, les passagers s'engouffr&#232;rent, l'un poussant l'autre, tirant chacun sa valise &#224; roulettes. L'un d'eux, pas press&#233; outre mesure, les laissa passer et lorsqu'il jugea l'acc&#232;s assez libre, monta &#224; son tour dans la voiture num&#233;ro 6.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il avait le choix de monter &#224; gauche ou d'aller sur sa droite. Apr&#232;s avoir visionn&#233; les num&#233;ros des si&#232;ges, il se tourna vers la porte dont les battants s'ouvrirent imm&#233;diatement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme il n'avait qu'une toute petite serviette plate dans le genre sous-main, il n'avait rien &#224; faire dans la soute &#224; bagages mais sa curiosit&#233; lui fit examiner les bagages que les passagers, avant lui, avaient d&#233;pos&#233;s l&#224;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il tomba alors en admiration devant un groupe de valises en cuir marron qui avaient une poign&#233;e de cuir de la m&#234;me couleur. &#192; tel point qu'il ne put s'emp&#234;cher de parler tout seul car personne n'&#233;tait ici pour l'&#233;couter.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Elles sont magnifiques et puis bien faites avec ce cuir superbe. Mais qu'est-ce qu'elles sont belles ! Et align&#233;es comme &#224; la parade, on se croirait devant une vitrine de magasin. Il y en a douze en tout et, comme neuves, on a l'impression qu'elles n'ont jamais servi &#224; quelqu'un.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il avisa qu'il soit tout seul puis dans un geste qu'il voulut rapide mais qui ne le fut pas, il se permit une audace qu'il ne regretta pas, il toucha le cuir marron, longuement comme s'il lui parlait.&lt;br class='autobr' /&gt;
Puis, se reculant un peu pour mieux les voir, il s'exclama car il savait que personne ne l'entendrait :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; J'ach&#232;te !&lt;br class='autobr' /&gt;
Se tenant le front pour r&#233;fl&#233;chir &#224; la conduite &#224; suivre, il entra dans le compartiment des voyageurs, l&#224; aussi les portes s'ouvrirent sans qu'il e&#251;t &#224; le leur demander.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des yeux il chercha la place qui correspondait &#224; son ticket, 20. Il lui sembla que c'&#233;tait la seule place libre. Et comme il &#233;tait le dernier arriv&#233;, tout le monde l'observa silencieusement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsqu'il se fut assis, il vit en face de lui que se tenait une demoiselle tir&#233;e &#224; quatre &#233;pingles, habill&#233;e avec un soin m&#233;ticuleux, elle &#233;tait extr&#234;mement soign&#233;e dans sa toilette.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il se dit tout de suite, je suis s&#251;r que c'est elle &#224; qui appartiennent ces valoches.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais avant de lui parler, d'engager une conversation, il nota un d&#233;tail qui le troubla un peu. Elle avait, pos&#233;e sur ses genoux, une petite valisette de carton rouge qu'elle venait de refermer pr&#233;cipitamment.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette chose fut un temps mort ou bien une certaine h&#233;sitation mais ces valouses &#233;taient trop &#224; son go&#251;t ; il fallait agir.&lt;br class='autobr' /&gt;
En pr&#233;ambule, il lui fit quelques sourires puis il attaqua :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Madame, vous voudrez bien excuser mon indiscr&#233;tion mais figurez vous que je viens de voir dans les casiers aux bagages, une s&#233;rie de magnifiques valises en cuir de premi&#232;re qualit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis persuad&#233; qu'elles vous appartiennent ; est-ce que je me trompe ?
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mais bien s&#251;r qu'elles sont &#224; moi. Je les destine &#224; mes douze futurs enfants.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, plus tard, quand ils en auront l'envie, ils pourront me quitter sans probl&#232;mes.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; En attendant cela, elles vous permettent de transporter vos affaires personnelles.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Non, cher monsieur, elles sont vides.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#201;coutez, je les trouve quasiment neuves. Elles sont bien faites, de tr&#232;s bonne qualit&#233;, le cuir est tr&#232;s bon.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout &#224; l'heure quand je les ai vues ; ma premi&#232;re r&#233;action, mes premiers mots ont &#233;t&#233; : j'ach&#232;te.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; C'est bien gentil mais elles ne sont pas &#224; vendre. Je crois vous avoir dit &#224; qui je les destinais. S'ils n'ont pas de valise, ils ne pourront pas s'en aller d&#233;couvrir le monde.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Eh bien justement le monde, parlons en. Vous savez bien que nous sommes trop nombreux. Le futur est de plus en plus gris.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je vous propose une tr&#232;s belle somme pour l'ensemble. Et si jamais vous arrivez &#224; r&#233;aliser vos pr&#233;visions alors vous donnerez l'argent des valises &#224; vos enfants. Ils seront bien contents.&lt;br class='autobr' /&gt;
Car vos valises m&#234;me si elles sont d'une tr&#232;s belle qualit&#233;, moi je les trouve un peu petites, dans le genre balluchon, ballot.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et puis vous &#234;tes toute seule, comment aller vous faire pour les emmener avec vous ?
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Demandez moi plut&#244;t comment j'ai fait pour les porter dans le coin des bagages.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Effectivement, j'aurais d&#251; vous poser la question.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Eh bien, j'ai lou&#233; les services de trois porteurs. D'ailleurs, d'autres sont pr&#233;venus et doivent m'attendre sur le quai de la gare. Je n'aurai qu'&#224; leur faire signe.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Si vous le permettez une derni&#232;re fois, examinons la situation mondiale. Imaginons que toutes les femmes de votre &#226;ge se mettent &#224; vous imiter et qu'elles veuillent augmenter leur famille dans de telles proportions.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mais je fais un peu ce qui me pla&#238;t, jeune homme. Vous faites bien ce qui vous fait plaisir, vous !&lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant ce temps, l'homme sortit de son sous-main, une belle liasse de billets violets. Il en compta vingt-quatre et les proposa &#224; la dame. Elle ouvrit sa petite valisette de carton rouge et les d&#233;posa &#224; l'int&#233;rieur.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mes valises sont &#224; vous, affaire conclue.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>55 - Le Baladeur de Plouques</title>
		<link>https://didier-moreau.net/spip/spip.php?article144</link>
		<guid isPermaLink="true">https://didier-moreau.net/spip/spip.php?article144</guid>
		<dc:date>2024-06-18T12:05:34Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Albert</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;le circuit de la salsepareille&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://didier-moreau.net/spip/spip.php?rubrique2" rel="directory"&gt;02 - Histoires Courtes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Juvain Platis est n&#233; &#224; Plouques, il habite &#224; l'ext&#233;rieur de la ville, au quartier des 18 Tours. Son appartement est situ&#233; au dix-septi&#232;me &#233;tage de la Tour 17, c'est-&#224;-dire le dernier &#233;tage de la plus haute tour.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans sa jeunesse, d&#232;s qu'il a eu la possibilit&#233; d'aller sans ses parents, il a arpent&#233; &#224; pieds tout le territoire de la commune. Il le conna&#238;t parfaitement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les avenues, les boulevards, les chemins, les chemins hauts, les quais, les chemins bas, les chemins neufs, les chemins vieux, les rues, les mont&#233;es, les cours, les places, les ruelles, les passages, les galeries, les impasses, les traverses, les all&#233;es, les cit&#233;s, les enclos, les aires, les quartiers, les anciennes routes, les plans, les escaliers, les ronds-points, les squares, les passerelles, les ponts, les corniches, les petites rues, les routes, les sentiers, les espaces, les esplanades, les promenades, bref, il sait toutes les voies o&#249; l'on peut aller &#224; pieds.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait un plaisir, ce fut une passion, cela devint un besoin. Son enfance, son adolescence, sa jeunesse, il les aura pass&#233;es &#224; marcher dans sa ville d'un pas lent mais assur&#233;. On aurait pu le suivre parce qu'il n'allait pas vite mais on ne le faisait pas parce qu'il ne s'arr&#234;tait jamais.&lt;br class='autobr' /&gt;
Seulement, il apprit un jour qu'il fallait payer le loyer, et pour cela, il se d&#233;cida &#224; aller travailler dans une fabrique qu'on appelait L'usine. Il y arrivait toujours &#224; l'heure et &#224; pieds.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tr&#232;s rapidement se posa le probl&#232;me de la vitesse ; les machines allaient plus vite que lui. Il travaillait certes, il travaillait m&#234;me beaucoup mais pas assez vite. On le pria gentiment d'aller voir ailleurs. C'est-&#224;-dire qu'on le remercia ; il consid&#233;ra qu'il se trouvait en cong&#233; et se dirigea imm&#233;diatement vers la maison des touristes comme aurait pu le faire quelqu'un qui serait venu ici avec l'intention de d&#233;couvrir la ville.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il s'y pr&#233;senta comme visiteur et demanda ce qu'il y avait de plus int&#233;ressant &#224; voir. La personne qui l'accueillit alla lui chercher une publicit&#233; et pendant ce temps Juvain regarda autour de lui. Ses yeux se fix&#232;rent sur une annonce qui &#233;tait pos&#233;e sur le comptoir de bois.&lt;br class='autobr' /&gt;
La maison des touristes cherchait des baladeurs professionnels.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsqu'on lui remit le papier muni d'un plan de la ville, Juvain remercia mais annon&#231;a qu'il &#233;tait plut&#244;t int&#233;ress&#233; par la demande de baladeurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors, on le dirigea vers un orienteur qui l'amena &#224; un contr&#244;leur. Apr&#232;s quoi il fut re&#231;u par un examinateur qui l'introduisit chez le directeur et ce dernier l'engagea pour une p&#233;riode d'essai &#224; dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il &#233;tait si content qu'il voulut commencer tout de suite son travail.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela consistait &#224; mener un nombre variable de visiteurs au travers de la ville en suivant un circuit d&#233;termin&#233; &#224; l'avance, &#224; ne pas s'en &#233;carter (sous aucun pr&#233;texte), &#224; ramener sains et saufs les touristes &#224; leur point de d&#233;part pour qu'ils restituent le mat&#233;riel audiovisuel qu'ils avaient emprunt&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le premier circuit qu'il fit, celui du premier essai, n'&#233;tait pas tr&#232;s compliqu&#233;. Il consistait &#224; faire le tour de la ville en suivant avenues et boulevards. Il &#233;tait en forme de c&#339;ur, un peu allong&#233; &#224; la pointe ; il avait l'aspect d'une feuille de salsepareille.&lt;br class='autobr' /&gt;
La fonction du baladeur ressemblait &#233;trangement &#224; celle du berger. Il devait pr&#233;c&#233;der les visiteurs, les maintenir regroup&#233;s, s'assurer &#224; chaque instant que leur nombre restait constant (sans augmentation ni diminution).&lt;br class='autobr' /&gt;
Juvain se disait qu'il avait trouv&#233; l&#224; un travail &#224; sa hauteur et, pour ce qui &#233;tait de sa lenteur ce n'&#233;tait plus un probl&#232;me, au contraire, on pouvait le voir comme une qualit&#233; que, par la suite, ses nouveaux employeurs appr&#233;ci&#232;rent bien, compte tenu des retours &#233;logieux qui venaient &#224; leurs oreilles &#224; chaque fin de circuit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Juvain s'occupa donc du Circuit de la Salsepareille pendant de nombreuses semaines puis on le fit travailler sur d'autres parcours diff&#233;rents (plus compliqu&#233;s et plus longs).&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y r&#233;ussit pareillement et ses touristes revenaient enchant&#233;s d'avoir balad&#233; avec lui. Ils tenaient &#224; le faire savoir aux dirigeants de la maison des touristes. Ces derniers re&#231;urent tant d'&#233;loges sur le travail d'accompagnement de Juvain qu'ils se sentirent oblig&#233;s d'arr&#234;ter sa p&#233;riode d'essai et le prirent comme professionnel.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est ainsi que Juvain devint un baladeur officiel de la ville de Plouques et cela l'amena sur de nouveaux circuits.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ils &#233;taient de m&#234;me longueur que les pr&#233;c&#233;dents et il y avait le m&#234;me nombre de visiteurs mais &#224; certains endroits le baladeur avait &#224; sa disposition des cl&#233;s qui lui permettaient d'entrer dans des lieux priv&#233;s avec son groupe de touristes. &#192; la fin du circuit, les visiteurs rendaient leurs appareils audiovisuels et Juvain remettait les cl&#233;s &#224; leur place sur un tableau.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce genre de circuits &#224; visites &#233;tait bien plus int&#233;ressants que ceux de la p&#233;riode d'essai car une fois que Juvain et ses visiteurs &#233;taient &#224; l'int&#233;rieur des lieux priv&#233;s, les visiteurs posaient beaucoup de questions sans arr&#234;t. Le contact &#233;tait plus vivant et souvent, en fin de circuit, les visiteurs se sentaient oblig&#233;s envers le baladeur ; chacun le remerciait &#224; sa fa&#231;on.&lt;br class='autobr' /&gt;
Juvain &#233;tait tr&#232;s satisfait de son nouveau travail, de ses nouvelles responsabilit&#233;s mais il voulait ajouter une touche personnelle, quelque chose qui pouvait rendre les visites plus passionnantes, plus aventureuses.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et c'est &#224; partir de ce moment qu'il cr&#233;a ce qu'il appelait &#034;Les Raccourcis de Plouques&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il s'&#233;tait aper&#231;u que certains des lieux priv&#233;s qu'ils visitaient, communiquaient entre eux. La plupart du temps, c'&#233;taient par les caves que l'on pouvait passer de l'un &#224; l'autre. Quelquefois, les immeubles avaient des balcons communs. Pour certains qui &#233;taient mitoyens, les appartements s'ouvraient directement d'une pi&#232;ce &#224; l'autre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces liaisons dataient d'&#233;poques anciennes mais Juvain sentit tout de suite qu'il pouvait en faire autre chose.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>54 - Au bout de l'impasse</title>
		<link>https://didier-moreau.net/spip/spip.php?article143</link>
		<guid isPermaLink="true">https://didier-moreau.net/spip/spip.php?article143</guid>
		<dc:date>2024-06-17T16:47:29Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Albert</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;le concert de la vie&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://didier-moreau.net/spip/spip.php?rubrique2" rel="directory"&gt;02 - Histoires Courtes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Que l'on soit ici ou l&#224;, il n'y a jamais le silence. Partout on trouve le bruit des gens qui parlent, des choses qui s'entrechoquent, qui se d&#233;placent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tel jour, j'&#233;tais parti &#224; la recherche d'un endroit o&#249; il n'y aurait pas de bruit, d'un coin o&#249; je pourrai essayer d'entendre le silence.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai tourn&#233; d'un c&#244;t&#233;, de l'autre ; j'ai mont&#233;, j'ai descendu puis j'ai fini par me d&#233;cider : je sais o&#249; je vais aller, je vais aller au bout de l'impasse.&lt;br class='autobr' /&gt;
L&#224;-bas personne ne parlera, il n'y aura pas de voiture, pas de charrette, pas de chariot.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'impasse ; la nommer servirait-il &#224; quelque chose ? Non, car tout de suite vous iriez pour voir quoi et qu'est-ce.&lt;br class='autobr' /&gt;
Donc, sans dire le nom, je me suis approch&#233; et lorsque je suis arriv&#233; au d&#233;but de l'impasse, je me suis retourn&#233; pour voir si vous m'aviez suivi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Non, personne n'&#233;tait l&#224;, j'&#233;tais seul.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s les premiers pas, j'ai essay&#233; de ne pas faire trop de bruit avec mes grosses chaussures pour voir si d&#233;j&#224; le silence &#233;tait l&#224;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Non, il n'&#233;tait pas encore l&#224;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il fallait avancer et donc je me suis mis en marche. Sans aller trop vite pour ne pas faire de bruit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mes pas &#233;taient presque silencieux. C'&#233;tait d'abord un chemin plat puis il fallait tourner un peu sur la gauche. En suite une grande descente, &#224; ce moment, j'ai entendu des gens parler mais ils ne se disputaient pas, ils causaient simplement.&lt;br class='autobr' /&gt;
En bas, tournant sur la droite puis encore une petite mont&#233;e au bout de laquelle, j'ai tourn&#233; &#224; gauche puis &#224; droite.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin un peu de plat, ici le chemin n'&#233;tait pas bien goudronn&#233;, par endroits ce n'&#233;tait que des cailloux. Marcher l&#224; faisait du bruit mais &#231;a n'a pas dur&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Maintenant c'&#233;tait une petite descente. Des deux c&#244;t&#233;s du chemin des pierres manquaient dans les murets comme si elles aussi avaient voulu partir &#224; la recherche du silence.&lt;br class='autobr' /&gt;
Arriv&#233; en-bas (de la descente) nouveau tournant &#224; droite cette fois. Un grand mur de cairons pas cr&#233;pis faisait un peu d'ombre mais en m&#234;me temps donnait l'impression d'un certain abandon.&lt;br class='autobr' /&gt;
Puis pour finir une petite descente et pendant que j'avan&#231;ais j'entendis les oiseaux qui me faisaient une sorte de chant d'accueil.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me demandais si ma pr&#233;sence avait d&#233;clench&#233; ce concert ou bien si &#231;a durait depuis toujours.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'avan&#231;ais en musique. J'eus l'impression que chacun selon son importance jouait &#224; son tour pour mon plaisir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224; que j'&#233;tais enfin arriv&#233; au bout de l'impasse. Une pierre plate &#233;tait pos&#233;e au bas du mur de pierres s&#232;ches. C'est l&#224; que je m'assis.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et la musique continua pendant un long moment.&lt;br class='autobr' /&gt;
Puis tout d'un coup plus rien, plus aucun bruit, plus de son.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin j'entendis le silence.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si c'&#233;tait faisable, j'aurais voulu remercier les oiseaux. Ils avaient compris dans leurs petites cervelles que j'&#233;tais venu ici pour entendre le silence.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais bien s&#251;r, c'&#233;tait moi qui imaginais ces choses car imm&#233;diatement je crus comprendre&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Un pr&#233;dateur silencieux qui faisait le moins de bruit possible avec ses ailes venait de se poser dans le quartier. Les oiseaux chanteurs l'avaient reconnu et rep&#233;r&#233; avant moi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et c'est plut&#244;t &#224; lui que je devais dire merci pour ce silence de mort. Sans le voir, je savais qu'il venait l&#224; pour surprendre une proie pour manger, pour vivre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin je me rendis compte du c&#244;t&#233; un peu choquant de cette sorte de silence.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'y avait plus de bruit parce que les oiseaux savaient qu'ils risquaient leur vie au moindre murmure, au plus petit bruit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et moi qui &#233;tait venu ici chercher le silence !&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais pourquoi ne voulais-je rien entendre ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me mis &#224; souhaiter que cet oiseau de malheur s'en aille ailleurs et qu'enfin le concert de la vie reprenne le dessus.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est des jours o&#249; tous les souhaits se r&#233;alisent mieux que d'autres jours.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'entendis comme un battement d'ailes et tr&#232;s vite le silence que j'avais tant recherch&#233; disparut peu &#224; peu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me remis debout et refis le chemin inverse accompagn&#233; &#224; nouveau par le chant des oiseaux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>53 - Les 3 rep&#232;res verts</title>
		<link>https://didier-moreau.net/spip/spip.php?article142</link>
		<guid isPermaLink="true">https://didier-moreau.net/spip/spip.php?article142</guid>
		<dc:date>2024-05-01T14:44:33Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Albert</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;aller vers la campagne&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://didier-moreau.net/spip/spip.php?rubrique2" rel="directory"&gt;02 - Histoires Courtes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il faut dire qu'au d&#233;but, la premi&#232;re fois que je les ai vus, ils &#233;taient bleus et ronds ; puis ils sont devenus jaunes mais ils &#233;taient toujours ronds, toujours trois, pas un de plus ni un de moins.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et puis, un beau jour, tout d'un coup, je les ai trouv&#233;s peints en vert. Un joli vert amande, tr&#232;s discret, tr&#232;s plaisant &#224; voir, un peu comme l'eau de la rivi&#232;re du jardin des Munes au printemps.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est que bien plus tard que de ronds qu'ils &#233;taient, ils sont devenus triangulaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsqu'ils &#233;taient ronds cela voulait peut-&#234;tre dire quelque chose mais lorsqu'ils sont devenus triangulaires, il n'y avait plus de doute, c'&#233;tait &#224; mon avis que, v&#233;ritablement, ils indiquaient une direction.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais pour dire la chose, il faut que je les situe exactement sinon vous me poserez la question :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mais ils &#233;taient o&#249; ces ronds, ces triangles, ces machins ?
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Eh bien, c'est ici que je bute sur l'inconnu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Figurez-vous qu'ils &#233;taient tous au coin des rues, sur le trottoir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais ce n'&#233;tait pas r&#233;gulier ; je ne peux pas affirmer qu'il y en avait &#224; chaque coin de rue.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a m&#234;me des quartiers de la ville o&#249; je n'en ai jamais vu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, il faut avouer que ces marques sur le sol ne sachant pas pourquoi elles &#233;taient l&#224;, &#231;a me troublait un peu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi ? Je ne sais pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Vous me direz, c'est peut-&#234;tre la curiosit&#233; du gars qui n'a rien d'autre &#224; faire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Peut-&#234;tre.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est pour &#231;a que j'ai cherch&#233; une explication mais personne, de tous les gens que j'ai interrog&#233;s, ne savait.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait le brouillard complet.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors, j'ai cherch&#233; tout seul.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; d&#233;faut d'avoir ou de trouver des explications rassurantes, j'ai parcouru petit &#224; petit tous les quartiers de la ville. Et sur un plan, je notais la pr&#233;sence des marques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais au-del&#224; du nombre, j'&#233;tais pas plus avanc&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et j'en suis arriv&#233; &#224; un moment o&#249; je me suis dit : Il faut que tu trouves ceux qui dessinent ces traces sur les trottoirs. Eux te diront quoi et qu'est-ce.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le plus &#233;tonnant, c'est que chaque fois que j'en trouvais des nouvelles, la peinture au sol &#233;tait s&#232;che.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et c'est comme &#231;a que m'est venue l'id&#233;e que ces trucs, ces triangles de couleur devaient &#234;tre peints sur les trottoirs la nuit. &#192; tous les coups, ceux qui faisaient &#231;a, le faisaient la nuit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et vous allez voir que je ne me suis pas tromp&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le premier soir o&#249; je suis sorti &#224; la recherche de ceux qui tra&#231;aient les marques, il m'a sembl&#233; apercevoir un type au comportement un peu bizarre. Il &#233;tait au coin d'une rue, regardait d'un c&#244;t&#233; et de l'autre puis il se penchait sur le sol y posait un genre de pochoir en carton et peignait les trous avec un pinceau rond celui qu'on appelle une brosse &#224; rechampir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je l'ai suivi pendant un long moment et il a recommenc&#233; son man&#232;ge plusieurs fois.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait toujours au coin d'une rue, sur le trottoir.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai tent&#233; de le rejoindre mais il avait soudainement disparu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Plusieurs fois, j'ai essay&#233; de le retrouver mais ce fut en vain. Il se peut bien qu'il se soit aper&#231;u que je le suivais. Et pendant un certain temps, il n'y a plus eu de marques. Puis quelques temps apr&#232;s, cela a recommenc&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Donc, je suis ressorti la nuit pour le trouver et j'ai fini par r&#233;ussir &#224; le rattraper, &#224; le joindre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je l'ai accost&#233; et il m'a expliqu&#233; qu'il tra&#231;ait ces marques vertes pour inciter les gens de la ville &#224; aller vers la campagne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je lui ai demand&#233; pourquoi il avait chang&#233; la couleur : C'est parce que le vert sauve, qu'il m'a r&#233;pondu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Inutile de vous dire que je n'y ai pas cru une seconde.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai rendez-vous avec le Baladeur du Bureau du Tourisme de Plouques, je vais lui en parler.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
