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	<title>Textes d'Albert RICHARD</title>
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		<title>D&#233;sesp&#233;rance</title>
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		<dc:creator>Albert</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;une id&#233;e pour le futur&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://didier-moreau.net/spip/spip.php?rubrique5" rel="directory"&gt;05 - Anciens textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'humanit&#233; n'a cess&#233; d'am&#233;liorer ses conditions de vie gr&#226;ce &#224; de nombreux progr&#232;s mat&#233;riels.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais les machines sont devenues si nombreuses et occupent une place si importante dans la vie de l'homme que, par moments, il ressent le besoin de vivre diff&#233;remment.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1954 un &#233;crivain am&#233;ricain a r&#233;dig&#233; une nouvelle pour illustrer cette id&#233;e. Il s'agit de &#034;Vente &#224; outrance&#034; ou &#034;Service avant achat&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est l'histoire d'un homme de 37 ans qui en a assez du progr&#232;s et des robots qui sont partout et qui font tout ce que l'homme pourrait faire mais qui le font mieux que lui.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsqu'il rentre chez lui &#224; la fin de sa journ&#233;e, il re&#231;oit la visite d'un robot nomm&#233; Andro&#239;de &#224; R&#233;gulation Compl&#232;tement Automatis&#233; et Domestique qui sait tout faire et qui vient lui-m&#234;me se pr&#233;senter et faire la d&#233;monstration gratuite de toutes ses capacit&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'en est trop ! L'homme s'en va vers une plan&#232;te o&#249; il croit qu'il pourra vivre plus simplement. Il laisse sa femme qui n'a pas voulu abandonner le confort et qui ne veut pas retourner en arri&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le robot accompagne le h&#233;ros vers la plan&#232;te miracle. Et durant tout le trajet il explique &#224; l'homme qu'il fait fausse route et qu'il va tout droit &#224; l'accident fatal.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'auteur agr&#233;mente son r&#233;cit d'un brin d'humour car il nous montre l'homme dans l'erreur et la machine qui lui donne &lt;strong&gt; &lt;i&gt;gentiment &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; des bons conseils.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'histoire finit mal car le vaisseau spatial finira par s'&#233;craser sur la fameuse plan&#232;te.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet auteur de science-fiction voulait nous montrer qu'il n'est pas possible de retourner en arri&#232;re et c'est l&#224; o&#249; il se trompait car s'il est impossible d'abandonner le progr&#232;s, l'homme a la capacit&#233; de l'accommoder et de le rendre plus humain.&lt;br class='autobr' /&gt;
La derni&#232;re erreur de l'auteur &#233;tait de choisir, pour r&#233;soudre les probl&#232;mes de l'humanit&#233;, une solution extr&#234;me, celle du suicide.&lt;br class='autobr' /&gt;
En effet nous retrouvons ici le syndrome du Petit Prince ce soi-disant h&#233;ros qui, d&#233;&#231;u de ne pas avoir pu trouver sur terre le compagnon id&#233;al, se faisait inoculer le venin l&#233;tal par un petit serpent du d&#233;sert.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'homme, s'il veut r&#233;aliser pleinement son destin ( qui n'est autre que le programme vital inscrit sur sa carte m&#232;re ) doit trouver en lui-m&#234;me le courage et le bonheur de vivre avec ses c&#244;t&#233;s rigolos et ses c&#244;t&#233;s tristes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sinon les machines finiront un jour par penser que l'homme n'est qu'un abruti et elles le supprimeront d&#233;finitivement de la plan&#232;te.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>La lecture</title>
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		<dc:creator>Albert</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Une prison comme une autre&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://didier-moreau.net/spip/spip.php?rubrique5" rel="directory"&gt;05 - Anciens textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au plus loin que remontent mes souvenirs se trouvent les murs d'un paradis.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'int&#233;rieur des quatre limites, le soleil &#233;tait presque toujours pr&#233;sent.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait certainement suffisant pour &#234;tre heureux en ce lieu entour&#233; de murs cr&#233;pis &#224; la tyrolienne d'un ciment bleu gris fonc&#233; r&#233;barbatif, granuleux, r&#234;che, agressif, fait pour &#233;carter les visiteurs et assurer une solitude qui&#232;te.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais c'&#233;tait sans compter qu'ici l'ennui pouvait aussi s'installer malgr&#233; les levers de soleil frais et humides, les fournaises de l'apr&#232;s midi, les heures fra&#238;ches du soir, les jeux, les feux de paille, les tonnerres fracassants des orages, le vent assourdissant qui se glissait au travers des pare-feuilles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors pour s'en aller, sans partir car ce n'&#233;tait pas possible, la lecture des livres d'aventures apportait les clefs de mondes diff&#233;rents. C'&#233;taient d'autres paradis, d'autres pays de cocagne et surtout c'&#233;tait ailleurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai lu tant d'histoires qu'un jour, un beau jour certainement, un jour du paradis j'ai d&#233;cid&#233; d'&#233;crire.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait une bonne id&#233;e, certainement que, moi aussi, je voulais raconter mon paradis.&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis ce jour-l&#224;, il ne se passe pas de jour sans que j'ai l'occasion de contempler, admiratif et songeur, les suites de cette id&#233;e merveilleuse, les cons&#233;quences de cette d&#233;cision.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elles ressemblent &#233;trangement au quatre murs d'une prison.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien s&#251;r ce ne sont pas n'importe quels murs. Ils ont l'allure d'un lieu tapiss&#233; de feuilles de papier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et toutes ces feuilles sont blanches.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je dois dessiner au-dessus des feuilles, &#224; l'int&#233;rieur de leur limite rectangulaire des milliers de caract&#232;res qui se tiennent plus ou moins bien sur des lignes qui semblent horizontales mais penchent toujours d'un c&#244;t&#233; ou de l'autre.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est la faute aux stylos-plume qui me tiennent la main pour tracer ces lettres, ces signes qui forment des textes sur les pages des murs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Page apr&#232;s page, je vois se dessiner sur les parois de ma prison des personnages inconnus.&lt;br class='autobr' /&gt;
Certains se lient d'amiti&#233;, d'autres s'en vont, disparaissent, sont bient&#244;t oubli&#233;s. Et sans tapage des nouveaux se pr&#233;sentent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ils cherchent leur place et se proposent pour me tenir compagnie ici ou l&#224; sur les murs de ma prison.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Saisons</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Albert</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;En hiver les oliviers dorment&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://didier-moreau.net/spip/spip.php?rubrique5" rel="directory"&gt;05 - Anciens textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'hiver, dans le coin des Hauts de Plouques, est mal-aim&#233;. Tous les habitants le regardent venir sans joie et il est &#224; peine l&#224;, pas m&#234;me install&#233;, &#224; la recherche de ses aises, que d&#233;j&#224; tout le monde ne pense qu'&#224; une chose : qu'il s'en aille au loin le plus vite possible.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais entre leurs d&#233;sirs fous de beau temps et la r&#233;alit&#233;, il y a toute l'&#233;tendue de l'oliveraie Mikos. Elle est si importante qu'ils s'imaginent que le froid est venu par ici uniquement pour faire plaisir aux oliviers d'Oscar Mikos.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces arbres, on les compte par milliers et ils profitent du temps glacial pour se reposer, pour s'endormir. Ils y ont droit, eux aussi. C'est un besoin naturel. Oscar a expliqu&#233; de nombreuses fois qu'il fallait une bonne dormance aux oliviers pour avoir neuf mois plus tard une r&#233;colte abondante.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors quand les grands froids occupent toute la campagne, lorsque les jours sont tellement gris qu'on ne voit plus le soleil, que le mercure du thermom&#232;tre descend si bas que plus personne n'ose le regarder, les voisins de l'oliveraie sont si tendus qu'ils deviendraient facilement agressifs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ils pensent que si cette froidure est l&#224;, c'est la faute aux oliviers ; &#224; &#233;couter les gens on finirait par croire que ce sont les oliviers qui ont demand&#233; &#224; l'hiver de venir ici.&lt;br class='autobr' /&gt;
Certains vont m&#234;me jusqu'&#224; envisager qu'Oscar et ses oliviers d&#233;m&#233;nagent d'ici pour s'installer plus au sud. Ils pensent que les oliviers ne sont pas &#224; leur place.&lt;br class='autobr' /&gt;
Se rendent-ils compte de l'&#233;normit&#233; de la chose ? Se doutent-ils de la perte qu'ils subiraient, si cela &#233;tait vraiment possible ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Oscar les laisse dire et d'un sourire les renvoie chez eux. Il sait qu'ils vont bien vite se pelotonner pr&#232;s de leurs radiateurs &#233;lectriques ou, pour les plus chanceux, admirer les hautes flammes du petit bois de ch&#234;ne vert qui br&#251;le dans le foyer de leur chemin&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Il suffit d'attendre, leur dit-il. Le temps passe aussi vite ailleurs que dans ce quartier des Hauts de Plouques. Peut-&#234;tre que cette ann&#233;e nous aurons la primeur des beaux jours. Allez vite vous mettre &#224; l'abri&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Et il ajoute chaque fois :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Et n'oubliez pas, d&#233;but mai, de venir pour la f&#234;te du pollen. Je suis certain qu'&#224; ce moment vous ne vous souviendrez m&#234;me plus si l'hiver a &#233;t&#233; froid, ni s'il a dur&#233; longtemps&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait un peu vrai ce qu'il leur disait Oscar.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et vers le cinq mai ( la date avait &#233;t&#233; fix&#233; par Oscar Mikos, le propri&#233;taire de l'oliveraie Mikos ) se d&#233;roulait au milieu des milliers d'oliviers la grande f&#234;te du pollen. De nombreux habitants de Plouques venaient en famille envahir l'oliveraie pour remuer l'air et activer le transport du pollen entre les oliviers.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; ces moments-l&#224;, nul ne se souvenait de l'hiver, du froid, du gris, de la neige. Tout le monde avait l'esprit pr&#233;occup&#233; par d'autres choses bien plus agr&#233;ables.&lt;br class='autobr' /&gt;
Eh bien, malgr&#233; cette ambiance de f&#234;te, en cherchant un peu, on finissait toujours par trouver un grincheux coinc&#233; entre deux oliviers ( il voulait &#234;tre le premier &#224; se plaindre, ou bien il ne pouvait pas faire autrement ) qui d&#233;j&#224; se lamentait de la chaleur de l'&#233;t&#233; qui n'allait pas tarder &#224; arriver.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le proc&#232;s d'O. M.</title>
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		<dc:date>2014-05-29T12:15:11Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Albert</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;tort&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://didier-moreau.net/spip/spip.php?rubrique5" rel="directory"&gt;05 - Anciens textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; Plouques, il n'y a pas eu de meurtre depuis bien longtemps, personne n'y a &#233;t&#233; agress&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es. Quant aux escroqueries, il n'y en a pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors la justice s'ennuie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et pour &#233;viter de rouiller ses m&#233;canismes compliqu&#233;s, elle en vient &#224; s'occuper trop souvent de petits d&#233;tails, de d&#233;lits mineurs, de choses insignifiantes.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est s&#251;r que si elle croulait sous les affaires criminelles, ces choses-l&#224; seraient tout simplement n&#233;glig&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le pays est trop calme, voici le drame.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il ne s'y passe rien, voil&#224; pourquoi on en est arriv&#233; au proc&#232;s d'O.M.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 - Devant l'entr&#233;e du Palais de Justice&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Julien Fons&#233;ca ] Mais il faut arr&#234;ter ! Vous vous rendez compte un peu de quoi s'occupe la Justice maintenant !&lt;br class='autobr' /&gt;
[Didier Moreau] Que voulez-vous, c'est pour ne pas perdre la main. Il faut bien que la Justice si&#232;ge, donne son avis, tranche sinon o&#249; on irait ?&lt;br class='autobr' /&gt;
[Julien Fons&#233;ca ] Tout de m&#234;me, je trouve qu'elle va un peu loin. Et si personne ne dit rien, si personne se plaint, si personne essaye de mettre un peu de mod&#233;ration dans tout &#231;a, eh bien d'ici peu, vous verrez, elle viendra s'occuper de ce que vous mettrez dans votre assiette.&lt;br class='autobr' /&gt;
Vous verrez ce que je vous dis, je vous aurai pr&#233;venu ! Vous pourrez pas dire le contraire.&lt;br class='autobr' /&gt;
[Didier Moreau] N'exag&#233;rons rien et surtout ne tra&#238;nons pas trop pour entrer car si on continue &#224; bavarder comme &#231;a il n'y aura plus de place &#224; l'int&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 - La salle d'audience&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une tr&#232;s grande pi&#232;ce sans fen&#234;tre comme une salle de cin&#233;ma avec des hauts gradins sans fauteuils, les gens sont assis sur les escaliers.&lt;br class='autobr' /&gt;
En bas une estrade de bois recouverte de moquette grise o&#249; se trouvent une grande table sur pieds m&#233;talliques et, derri&#232;re, huit si&#232;ges quelconques ; &#224; l'extr&#233;mit&#233; droite deux ne sont pas occup&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les hommes de loi sont habill&#233;s normalement seul le pr&#233;sident semble un peu mieux v&#234;tu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'y a pas de s&#233;paration entre l'estrade et le premier rang des gradins&lt;br class='autobr' /&gt;
Du c&#244;t&#233; de l'entr&#233;e, un portier-huissier se tient debout, il regarde devant lui.&lt;br class='autobr' /&gt;
La salle est enti&#232;rement remplie. Le premier rang est occup&#233; par le groupe des jur&#233;s et au bout de la rang&#233;e se trouve O.M.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;clairage n'est pas tr&#232;s fort. La temp&#233;rature est assez &#233;lev&#233;e comme &#224; l'ext&#233;rieur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout en haut de la salle sur le dernier rang il y a quelques cam&#233;ras de la SAS SATIRUCES Communications.&lt;br class='autobr' /&gt;
[Le pr&#233;sident] ( Il se l&#232;ve pour ouvrir la s&#233;ance )&lt;br class='autobr' /&gt;
O.M., le tribunal et moi-m&#234;me, les jur&#233;s, les t&#233;moins, l'assistance ici assembl&#233;e, nous vous remercions pour votre pr&#233;sence.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous esp&#233;rons tous que votre collaboration apportera une issue b&#233;n&#233;fique &#224; ce proc&#232;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Vous &#234;tes accus&#233; d'avoir fait du tort &#224; la soci&#233;t&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il vous est reproch&#233; d'avoir suivi les cours de Math&#233;matiques pures dispens&#233;s par la Facult&#233; des sciences.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour cela vous avez, d'une fa&#231;on volontaire, d&#233;clar&#233; une fausse identit&#233; car il ne vous &#233;tait pas permis d'assister &#224; un tel enseignement compte tenu de votre &#226;ge.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout le monde sait que vous &#234;tes dans votre soixante-sixi&#232;me ann&#233;e et que l'&#233;tude de la science susnomm&#233;e est interdite au-del&#224; de vingt et un ans.&lt;br class='autobr' /&gt;
Circonstance aggravante, il est de notori&#233;t&#233; publique que vous avez d&#233;j&#224; appris car vous &#234;tes titulaire des plus hauts dipl&#244;mes de la science agricole obtenus &#224; l'universit&#233; cr&#233;toise de R&#233;thymnon o&#249; vous avez &#233;tudi&#233; &#224; l'&#233;poque de votre jeunesse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224; pour l'accusation, en ce qui concerne la proc&#233;dure que nous allons suivre, je vous rappelle, &#224; vous ainsi qu'aux personnes pr&#233;sentes en ce lieu, que la justice de Plouques ne veut vous conna&#238;tre que par vos initiales, O.M.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela veut dire, et j'insiste bien encore une fois, que nous ne sommes pas r&#233;unis ici pour juger un homme mais pour mettre au jour un d&#233;lit, essayer d'appr&#233;hender les motifs qui vous ont pouss&#233; &#224; l'accomplir, accepter les explications que vous serez amen&#233; &#224; nous donner, qualifier le d&#233;lit et trouver une mani&#232;re &#233;quitable pour enrichir la soci&#233;t&#233; sur la fa&#231;on d'&#233;viter une r&#233;cidive.&lt;br class='autobr' /&gt;
O.M., vous &#234;tes la repr&#233;sentation vivante du d&#233;lit, pour l'&#233;tude duquel nous sommes r&#233;unis ici, mais &#224; votre place nous aurions peut-&#234;tre agit comme vous l'avez fait.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous nous occuperons uniquement du d&#233;lit. En cons&#233;quence le jugement qui interviendra &#224; la fin de l'audience portera sur le tort fait &#224; la soci&#233;t&#233; et non pas sur la personne qui l'a commis.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je vous laisse la parole car c'est vous qui allez mener les d&#233;bats et je n'interviendrai qu'aux moments o&#249; la loi m'en fait l'obligation.&lt;br class='autobr' /&gt;
[O.M.] Je vous remercie votre honneur pour l'expos&#233; du probl&#232;me. Car il s'agit bien d'un probl&#232;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
[1er Jur&#233;] C'est pas un probl&#232;me, c'est un d&#233;lit.&lt;br class='autobr' /&gt;
[O.M.] Je suis enti&#232;rement d'accord avec la loi : je ne pouvais pas m'inscrire alors j'ai pris un pseudonyme mais quelqu'un m'a balanc&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
[5&#232;me Jur&#233;] Je demande une m&#233;daille pour l'honn&#234;te homme qui vous a d&#233;nonc&#233;. Il a fait son devoir.&lt;br class='autobr' /&gt;
[O.M.] Vous dites &#231;a mais est-ce bien la v&#233;rit&#233; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
N'y aurait-il pas un peu de jalousie dans son attitude ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Ne serait-ce pas la chasse &#224; l'anormal qui commence ?&lt;br class='autobr' /&gt;
[Le Pr&#233;sident] O.M. vous avez r&#233;sum&#233; le d&#233;lit, ne sortons pas du cadre et, je vous prie, passons aux explications.&lt;br class='autobr' /&gt;
[O.M.] Comment se fait-il qu'en ce pays de Plouques, il ne soit pas possible pour une personne qui en a l'intention, les capacit&#233;s mentales et la volont&#233;, d'apprendre plusieurs fois dans sa vie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si je suis l&#224; c'est un peu pour essayer de discuter de ce probl&#232;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
[1er Jur&#233;] Mais vous savez bien la r&#233;ponse, voyons. Vous savez bien que dans sa vie on ne peut apprendre qu'une fois.&lt;br class='autobr' /&gt;
[2&#232;me Jur&#233;] Apprendre c'est un truc pour les jeunes pas pour un vieux comme vous. Ne m&#233;langeons pas tout !&lt;br class='autobr' /&gt;
[3&#232;me Jur&#233;] Et puis, vraiment, on peut savoir &#224; quoi cela vous servirait d'apprendre &#224; nouveau ? &#199;a vous servirait &#224; quoi ?&lt;br class='autobr' /&gt;
[1er Jur&#233;] Allez, O.M., r&#233;pondez-nous.&lt;br class='autobr' /&gt;
[O.M.] Pour mon enrichissement personnel, tout simplement. Je ne vois pas d'autre utilit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
[1er Jur&#233;] Je crois que vous vous moquez. Vous savez tr&#232;s bien qu'on ne peut apprendre plusieurs fois. Essayez donc un peu de nous faire comprendre ce que vous auriez appris de plus en apprenant &#224; nouveau.&lt;br class='autobr' /&gt;
[2&#232;me Jur&#233;] Et dites-nous un peu qui c'est qui aurait fait votre boulot pendant que vous seriez all&#233; user &#224; nouveau vos culottes sur les bancs de l'&#233;cole.&lt;br class='autobr' /&gt;
[Le Pr&#233;sident] Attendez, un peu d'ordre, ne nous pr&#233;cipitons pas. Laissez, je vous prie, O.M. r&#233;pondre &#224; la premi&#232;re question : qu'aurait-il appris de plus ?&lt;br class='autobr' /&gt;
[O.M.] Je sais bien que je n'aurai rien appris de plus, dans le sens commun o&#249; tout un chacun l'entend, mais j'aurai rev&#233;cu ce bonheur de la d&#233;couverte. La d&#233;couverte des Math&#233;matiques Pures. Cette science, c'est la porte d'entr&#233;e pour &#233;laborer n'importe quel calcul, sur n'importe quelle base, dans n'importe quel monde, c'est &#231;&#224; qui est g&#233;nial.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et m'initier &#224; cette science, alors que je suis dans la deuxi&#232;me moiti&#233; de ma vie aurait &#233;t&#233; un bain de jouvence, un rajeunissement dont je me sentais capable et auquel j'aspirais ardemment.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quant &#224; mon travail, jamais personne ne l'a fait &#224; ma place et tous ceux qui sont ici le savent bien.&lt;br class='autobr' /&gt;
[4&#232;me Jur&#233;] Mais laissez la science aux scientifiques, occupez-vous de ce qui vous regarde. Occupez-vous de votre vieillesse &#224; venir plut&#244;t que de vouloir retourner aux biberons. Occupez-vous de vous et les vaches seront bien gard&#233;es !&lt;br class='autobr' /&gt;
[Une dame dans la salle ] Mais c'est pas possible !&lt;br class='autobr' /&gt;
On peut pas entendre des choses pareilles !&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est pas vrai &#231;a !&lt;br class='autobr' /&gt;
[Le Pr&#233;sident ] Huissier veuillez demander &#224; cette personne qui vient d'interrompre le cours de la justice, de bien vouloir &#233;vacuer la salle. Je rappelle que pour s'exprimer les personnes de la salle autres que les jur&#233;s ou l'accus&#233; doivent en demander la permission.&lt;br class='autobr' /&gt;
[1er Jur&#233;] O.M. veut rajeunir en se lan&#231;ant dans une nouvelle &#233;tude mais il sait-bien que c'est faux. Il ne peut pas revenir en arri&#232;re. Le temps a pass&#233; pour lui comme pour tous les autres. Il faut laisser aux jeunes les &#233;tudes. Les vieux ont d'autres choses &#224; faire qu'&#224; aller &#233;tudier avec les jeunes.&lt;br class='autobr' /&gt;
[2&#232;me Jur&#233;] De toute fa&#231;on cette science n'est que de la sp&#233;culation et &#231;a ne peut pas int&#233;resser quelqu'un de son &#226;ge qui a v&#233;cu dans la pratique des oliviers.&lt;br class='autobr' /&gt;
[O.M] C'est pas parce que j'ai mon &#226;ge que je dois fabriquer mon cercueil. Si &#231;a vous plait de vous enterrer, servez-vous et laisser le vaste monde tourner tranquillement sans vous. On vous pleurera pas longtemps, soyez en s&#251;r et certain.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'en reviens au sujet qui nous a r&#233;unis ensemble. Un homme qui passe le cap de la moiti&#233; de sa vie peut avoir envie de se reposer, et c'est tr&#232;s bien, je ne le critique pas mais pourquoi obliger tout le monde &#224; faire pareil. Pourquoi ne pas laisser les gens libres de faire ce qu'ils sentent bien pour eux ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Peut-on me dire &#224; qui je portais tort en retournant &#224; l'&#233;cole ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Non.&lt;br class='autobr' /&gt;
Personne n'a de r&#233;ponse coh&#233;rente &#224; me proposer.&lt;br class='autobr' /&gt;
La seule r&#233;ponse que vous connaissez, c'est que c'est la loi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mon interpr&#233;tation personnelle du d&#233;lit, c'est que j'ob&#233;issais &#224; un sentiment naturel de curiosit&#233;, je voulais apprendre quelque chose que j'avais laiss&#233; passer dans ma jeunesse et pour moi, c'&#233;tait bien.&lt;br class='autobr' /&gt;
[Le Pr&#233;sident] Nous en terminerons l&#224; pour vos explications. Nous allons faire une pause sur place et apr&#232;s nous entendrons votre appr&#233;ciation du d&#233;lit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Huissier faites entrer les boissons !&lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait la coutume au tribunal de Plouques, la justice offrait aux participants des rafraichissements.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'huissier revint suivi de deux jeunes dames les bras charg&#233;s de plateaux avec verres et bouteilles d'eau. Elles pass&#232;rent dans tous les rangs et la salle &#233;tait devenue plus bruyante, les gens se d&#233;tendaient un peu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant tout ce temps O.M. ne bougea pas de sa place, ne pronon&#231;a aucun mot alors que la plupart se levaient pour se remuer un peu. Les conversations &#233;taient nombreuses mais aucune ne s'int&#233;ressait au sujet du jour, les gens s'en fichaient &#233;perdument d'O.M. Ils &#233;taient l&#224; parce que c'&#233;tait la paix &#224; Plouques et que ce jugement &#233;tait pour eux une distraction. Il ne faut pas croire qu'ils &#233;taient l&#224; pour que la loi soit appliqu&#233;e, pour que la justice soit faite, non, ils &#233;taient l&#224; parce que c'&#233;tait un spectacle gratuit auquel ils participaient et qu'en prime on leur offrait &#224; boire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et O.M. ressentait cette indiff&#233;rence. &#199;a lui faisait de la peine. &#192; un moment il se trouva au bord des larmes. &#034;C'est pas juste&#034;, se disait-il. Il se sentait nu et seul au milieu de cette foule qui papotait comme dans un poulailler.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin le temps de la pause s'acheva. Toutes les personnes reprirent leur place.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est maintenant qu'O.M. devait donner son point de vue sur la qualification du d&#233;lit.&lt;br class='autobr' /&gt;
[O.M.] M'est avis que le changement d'identit&#233; est critiquable en soi car il n'est pas honn&#234;te de se faire passer pour un autre que celui qu'on est mais pour l'inscription il le fallait bien.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quant &#224; dire que vouloir apprendre &#224; nouveau quelque chose qu'on a loup&#233; dans sa jeunesse est un d&#233;lit, alors l&#224; je dis non.&lt;br class='autobr' /&gt;
[1er Jur&#233;] Les deux faits principaux reproch&#233;s &#224; O.M. sont des d&#233;lits punissables.&lt;br class='autobr' /&gt;
[2&#232;me Jur&#233;] Moi, je serais un peu de l'avis d'O.M. mais &#224; cause de l'&#226;ge je pencherai pour sanctionner les deux d&#233;lits.&lt;br class='autobr' /&gt;
[5&#232;me Jur&#233;] Je demande le maximum de la peine.&lt;br class='autobr' /&gt;
[4&#232;me Jur&#233;] Je pense que l'entr&#233;e des locaux de la facult&#233; devrait &#234;tre mieux surveill&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
[6&#232;me Jur&#233;] Jusqu'&#224; pr&#233;sent je me suis content&#233; d'&#233;couter et je vais vous faire part de mes sentiments.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224; un homme qui pourrait passer son temps &#224; faire comme tout le monde : se reposer devant sa t&#233;l&#233;vision et gober les sornettes quotidiennes. Et bien non, il choisit de ne pas se transformer en poireau, et nous avons honte de son &#233;nergie, de sa curiosit&#233;, de son astuce. Mais comme nous n'osons pas le dire alors nous le l&#226;chons et demandons &#224; la justice qu'elle fasse ce triste boulot &#224; notre place. C'est &#224; dire qu'elle &#233;limine celui qui nous emp&#234;che de dormir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mes chers concitoyens reprenez-vous, regardez cet homme en face, il nous montre le chemin.&lt;br class='autobr' /&gt;
Non ? Son chemin est trop rude ? Il faut se bouger ? Il d&#233;range nos habitudes ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors, restons sur nos fauteuils, bient&#244;t on les remplacera par des chaises perc&#233;es et le tour sera jou&#233; !&lt;br class='autobr' /&gt;
Punissons-le, puisque nous ne savons faire que &#231;a.&lt;br class='autobr' /&gt;
[3&#232;me Jur&#233;] Je ne vais pas m'enflammer pour O.M. mais j'ai l'impression qu'en le jugeant nous nous occupons de choses personnelles qui ne sont pas du domaine de la justice, tel est mon sentiment.&lt;br class='autobr' /&gt;
[Le Pr&#233;sident] En l'&#233;tat les deux faits reproch&#233;s &#224; O.M. sont punissables.&lt;br class='autobr' /&gt;
Que proposez-vous O.M. comme peine ?&lt;br class='autobr' /&gt;
[O.M.] Une inscription sur mon livret d'identit&#233; et une interdiction d&#233;finitive de s&#233;jour dans la facult&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
[Le Pr&#233;sident] C'est juste.&lt;br class='autobr' /&gt;
La s&#233;ance est finie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toute l'assembl&#233;e se leva silencieuse et, peu &#224; peu, la salle se vida. O.M. tenait &#224; sortir le dernier et lorsqu'il vit l'huissier lui faire signe, O.M. s'en alla.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 - &#192; la sortie du Palais de Justice&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La foule se dispersa rapidement car c'&#233;tait l'heure du journal &#224; la t&#233;l&#233;vision. Ramona se tenait seule en bas des escaliers. Elle avait dans ses mains trois branches d'olivier qu'elle offrit &#224; Oscar Mikos, son &#233;poux, lorsqu'il vint l'embrasser affectueusement.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Alors, raconte moi, &#231;a c'est bien pass&#233; ? lui dit-elle.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oui, &#231;a y'est, c'est du pass&#233;, r&#233;pondit-il.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mais pour les Math&#233;matiques Pures comment vas-tu faire ?
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#192; la maison, j'ai les Annales de Gergonne et le Journal de Liouville, je crois bien que c'est suffisant pour apprendre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les aveugles</title>
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		<dc:date>2014-05-29T12:13:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Albert</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Mil&#233;na&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://didier-moreau.net/spip/spip.php?rubrique5" rel="directory"&gt;05 - Anciens textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je voulais faire un texte sur les aveugles qui portent des lunettes noires.&lt;br class='autobr' /&gt;
On ne m'a pas bien compris ou bien, comme d'habitude, je me suis mal expliqu&#233; ( certains sont m&#234;me all&#233;s jusqu'&#224; me dire que je ne savais pas me vendre ! Quel est le rapport ? ).&lt;br class='autobr' /&gt;
Par aveugle, j'entends, j'entendais les gens qui se cachent derri&#232;re des lunettes noires sous pr&#233;texte de la lumi&#232;re crue du soleil qui aveuglerait leurs pupilles ( serait-ce un probl&#232;me d'accommodation ou bien des iris trop sensibles ? ).&lt;br class='autobr' /&gt;
Les gens &#224; lunettes noires deviennent peu &#224; peu invisibles. Sont-ils conscients de cet &#233;trange et inqui&#233;tant ph&#233;nom&#232;ne ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec la disparition de leurs regards nous sommes nombreux, de plus en plus nombreux me semble-t-il, &#224; avoir constat&#233; un affaiblissement de leur image et par endroits, en certains moments de la journ&#233;e, ils disparaissent totalement &#224; notre vue.&lt;br class='autobr' /&gt;
A chaque fois j'ai l'impression de les voir un peu moins, de les remarquer aujourd'hui moins qu'hier dans le paysage, et peut-&#234;tre que demain ou un autre jour je ne les distinguerai plus du d&#233;cor.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les gens qui ( me croisent et ) portent des lunettes noires deviennent peu &#224; peu invisibles car avec la perte de leur regard il me semble que leur image s'affaiblisse. Non pas qu'ils n'existent plus mais ils paraissent s'&#234;tre fondus dans le paysage. Je ne les distingue plus alors qu'ils continuent de bouger, d'avancer, de monter des escaliers ou de descendre des marches ; j'ai l'impression qu'ils sont entr&#233;s dans le cadre.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est comme si je marchais au beau milieu d'une foule de sourds et muets, je continuerais de les voir mais sachant qu'ils ne peuvent m'entendre ni me r&#233;pondre je passerais pr&#232;s d'eux comme si je ne les voyais pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;videmment il y a le soleil qui br&#251;le et brille partout et pas seulement sur les ponts des rivi&#232;res.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais soudain je repense &#224; Milena.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle disait que ce qu'on voyait au travers d'une fen&#234;tre &#233;tait plus passionnant que la r&#233;alit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle disait aussi que la fen&#234;tre &#233;tait pour elle un gage de libert&#233; par rapport aux choses vues et regard&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle ajoutait que la fen&#234;tre c'&#233;tait le seul moyen d'&#233;chapper aux probl&#232;mes, aux malheurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et alors c'est peut-&#234;tre ce qu'ils font les porteurs de lunettes noires : ils installent entre eux et le monde qui les entoure une fen&#234;tre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour le voir plus beau.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour pr&#233;server leur ind&#233;pendance.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour quitter leur tristesse &#224; laquelle ils ne veulent plus dire bonjour.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je comprends bien la magie de ces fen&#234;tres mais pourquoi noires ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les cahiers souvenir</title>
		<link>https://didier-moreau.net/spip/spip.php?article66</link>
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		<dc:date>2014-05-29T12:12:54Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Albert</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;de vrais souvenirs&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://didier-moreau.net/spip/spip.php?rubrique5" rel="directory"&gt;05 - Anciens textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pourquoi avoir choisi de monter par l'escalier alors que l'ascenseur &#233;tait ouvert et qu'une personne &#224; l'int&#233;rieur le retenait expr&#232;s pour moi ?&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai d&#251; lui dire merci deux fois, insister en disant que je n'allais pas tr&#232;s loin pour qu'elle ferme la porte.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Peut-&#234;tre pour reculer un peu le moment o&#249; tu serais devant elle.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oui, peut-&#234;tre, mais sa chambre se trouvait au quatri&#232;me &#233;tage et &#224; chaque pallier je sentais un peu plus les odeurs de m&#233;dicaments, de soins, de malades ; je voyais partout des infirmi&#232;res en blanc et des hommes habill&#233;s en vert avec des masques sur la bouche comme pour jouer une com&#233;die. Je suis arriv&#233; en haut &#233;puis&#233;.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mais elle vivait quand m&#234;me lorsque tu es all&#233; la voir.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oui elle &#233;tait bien vivante mais dans quel &#233;tat ! On m'avait dit qu'elle n'en avait plus pour longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Didier et Jeanne sont install&#233;s sur leur mur mitoyen, sur la partie la plus large du mur ; ils profitent du premier soleil printanier. Jeanne qui trouve que les pierres sont un peu dures est all&#233; chercher chez elle un coussin sur lequel elle est maintenant assise. Quant &#224; Didier, il s'est allong&#233; sur les pierres plates du sommet du mur. Il semble y &#234;tre parfaitement &#224; l'aise comme un fakir de cirque sur sa planche &#224; clous.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; D&#232;s que je suis entr&#233; dans cette chambre, un peu sombre, j'ai senti qu'elle savait qu'elle n'&#233;tait l&#224; que pour une dur&#233;e limit&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais je me suis aussit&#244;t demand&#233; si elle appr&#233;hendait d&#233;j&#224; la suite ou bien si elle faisait semblant de vouloir l'ignorer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle &#233;tait allong&#233;e sur le lit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle ne pouvait m&#234;me pas soulever ses mains tant elle avait perdu de force ou de volont&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Gauchement, j'ai pris sa main comme si on se rencontrait dans la rue, comme si on se voyait pour la premi&#232;re fois.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et pourtant. Elle n'arr&#234;tait pas de parler. Ce qu'elle pouvait raconter ! Cela n'en finissait pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle me donnait l'impression d'avoir du retard ou bien de croire qu'elle ne m'avait pas tout dit mais surtout qu'elle ne voulait rien oublier. Comme pour un testament.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est &#231;a qui m'a fait obligation de vouloir tout noter. Tout. Au d&#233;but je me disais que ce serait un souvenir et quand elle sera partie, quelle sera morte, il me restera quelque chose d'elle.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#199;a t'a pris tout ton temps ?
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oui mais j'avais demand&#233; un cong&#233; sp&#233;cial &#224; mon patron. Je lui avais expliqu&#233; ce qui se passait et en partant il m'a dit &#034;Bon courage&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais ce n'&#233;tait pas des cong&#233;s, j'ai v&#233;cu cette p&#233;riode sans bien savoir o&#249; j'&#233;tais.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'allais &#224; l'h&#244;pital le matin jusqu'&#224; midi puis je retournais chez moi pour noter sur le cahier. D&#232;s que j'avais fini je mangeais un peu et j'y retournais. Je passais l'apr&#232;s-midi avec elle. Elle n'arr&#234;tait pas de parler. Pour qu'elle se repose je lui faisais un peu de lecture. Je dis un peu car au bout d'un moment elle s'endormait. De me savoir &#224; son c&#244;t&#233;, d'entendre le son de ma voix, &#231;a lui faisait certainement du bien.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour ne pas la r&#233;veiller, je restais assis sans bouger. J'attendais son r&#233;veil et chaque fois elle voulait me faire croire que c'&#233;tait une joyeuse surprise : &#034;Ah ! Tu es encore l&#224; !&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais en moi-m&#234;me je comprenais bien ce que cela voulait dire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et puis on venait la soigner, alors je la laissais seule jusqu'au lendemain.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout de suite chez moi, je passais le reste de la journ&#233;e &#224; coucher sur le papier ce qu'elle m'avait dit, enfin ce que je me rappelais. Je ne crois pas avoir fait beaucoup d'oublis ni d'erreurs, enfin je pense.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s que j'avais fini je relisais tout et m&#234;me les pages des jours d'avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si le printemps n'en est qu'&#224; ses d&#233;buts, le soleil chauffe bien. Didier doit &#234;tre fatigu&#233; car par moments il laisse ses phrases en suspens mais Jeanne le relance car elle sent bien que si le silence s'installe, il va s'endormir. Et pourtant, ce serait bien le silence, se dit Jeanne. On pourrait &#233;couter les oiseaux, pense-t-elle, on finirait peut-&#234;tre par entendre les herbes murmurer, les feuilles pousser le vent l&#233;ger, si l&#233;ger. On pourrait aussi essayer de saisir le mouvement des pierres qui s'&#233;tirent sous le soleil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Chaque jour jour j'allais la voir et chaque fois que je partais de sa chambre c'&#233;tait pour filer droit chez moi et tout noter.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et un matin, quand je suis arriv&#233; on m'a annonc&#233; qu'elle &#233;tait morte la nuit dans son sommeil.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors j'ai repris le travail mais &#224; la fin de la journ&#233;e j'avais pris l'habitude de lire et de relire les cahiers, tout ce que j'avais &#233;crit pour garder vivant le souvenir d'elle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et cela fait bient&#244;t six mois que &#231;a dure.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#192; quel cimeti&#232;re vous l'avez enterr&#233;e ?
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Non, elle n'a pas &#233;t&#233; mise dans un tombeau. Elle a &#233;t&#233; incin&#233;r&#233;e. C'&#233;tait son souhait. Elle ne voulait pas &#034;pourrir dans une caisse pendant cent sept ans&#034;, disait-elle.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; De toutes fa&#231;ons, le souvenir c'est une chose mais ta sant&#233; c'en est une autre. C'est pas en te crevant les yeux &#224; lire tes cahiers souvenir que tu vas la faire rena&#238;tre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu sais quoi...
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Non.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le mieux ce serait de faire comme elle.&lt;br class='autobr' /&gt;
De tout br&#251;ler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors comme s'il sortait d'un r&#234;ve, Didier se redresse, saute du mur et part chez lui, certainement pour aller chercher les cahiers. Jeanne h&#233;site avant de sauter elle aussi chez Didier. Mais il sort de sa maison les bras remplis de cahiers de brouillons comme on les faisait du temps o&#249; il allait &#224; l'&#233;cole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les voil&#224;, ils sont tous l&#224;.&lt;br class='autobr' /&gt;
On va les br&#251;ler ici.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais il faudrait arracher les pages une &#224; une sinon ils ne br&#251;leront pas comme il faut.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Laisse moi faire, j'ai compris. Va chercher des allumettes et essaye de trouver un peu de branches mortes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeanne attendit que Didier se soit &#233;loign&#233; puis elle sauta litt&#233;ralement sur le premier cahier avec une rage folle mais elle y mettait trop de fougue et pas assez de science. Elle voulait faire vite et d&#233;chirer les cahiers un &#224; un mais ils r&#233;sistaient. De guerre lasse, elle les prit l'un apr&#232;s l'autre, et page apr&#232;s page elle arrachait le papier. Elle faisait le plus de bruit possible. Elle se d&#233;foulait carr&#233;ment sur chaque feuille tant et si fort qu'elle devait par moment reprendre sa respiration. Puis apr&#232;s et &#224; nouveau sa fureur red&#233;marrait, &#231;a lui faisait vraiment du bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'il revint avec la bo&#238;te d'allumettes Didier fut stup&#233;fait du spectacle. Dans un premier mouvement il voulut se jeter contre elle pour d&#233;fendre les cahiers souvenir. Par l&#226;chet&#233; ou bien par soulagement, il freina son mouvement et se mit &#224; sourire tout doucement. C'&#233;tait bien sa voisine, sa Jeanne qu'il essayait d'approcher depuis longtemps qui se trouvait devant lui. Il la voyait comme il ne l'avait jamais vue. Elle ne l'avait pas encore aper&#231;u ou bien elle s'en fichait qu'il la voie ainsi. Elle &#233;tait bien contente d'agir enfin, elle &#233;tait sans masque, sans maquillage. C'&#233;tait un peu comme si elle s'&#233;tait d&#233;v&#234;tue et que Didier assiste &#224; une danse particuli&#232;re qui ne lui &#233;tait pas forc&#233;ment destin&#233;e mais qui lui plaisait bien.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il attendit sans rien dire et maintenant il &#233;tait content m&#234;me s'il baissait un peu les yeux. Elle eut finit et releva la t&#234;te. Il jeta la premi&#232;re allumette contre le papier puis quelques branchettes de bois mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme s'il avait toujours exist&#233; le feu d&#233;vora le papier puis fit rougir le petit bois et pour faire bien voir qu'il menait le jeu il lan&#231;a des flammes un peu bruyantes qui r&#233;clamaient de l'aliment. Et, ob&#233;issants, ils se mirent vite &#224; la recherche de bois un peu plus consistant. Ils apport&#232;rent des branches puis de gros morceaux de bois qui attendaient contre le mur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela devenait vraiment un beau feu. Et tous deux tournaient autour pour qu'aucune feuille ne puisse s'&#233;chapper, ils &#233;taient satisfaits du r&#233;sultat. Ils s'&#233;loign&#232;rent un peu car la chaleur devenait insupportable. Le bois p&#233;tait sous les flammes et des morceaux de braise jaillissaient du brasier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour qu'elle ne se br&#251;le pas Didier tira Jeanne par le bras. Ils recul&#232;rent encore se tenant par la main.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Tu vois, maintenant c'est fini, dit-elle.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oui, r&#233;pondit-il, ce sont de vrais souvenirs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;flexions</title>
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		<dc:date>2014-05-29T12:12:19Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Albert</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;les trous noirs&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://didier-moreau.net/spip/spip.php?rubrique5" rel="directory"&gt;05 - Anciens textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;R&#233;fl&#233;chir ou ne pas r&#233;fl&#233;chir ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Telle est la nouvelle question qui est pos&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le soleil qui nous &#233;claire ne r&#233;fl&#233;chit pas beaucoup car toute la lumi&#232;re qu'il produit chaque jour il nous la donne. &#192; cette allure, dans quelques ann&#233;es, que va-t-il lui rester ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Autour de nous il se trouve des personnes si &#233;blouissantes qu'on a l'impression qu'elles veulent imiter le soleil. Elles r&#233;fl&#233;chissent toute la lumi&#232;re qu'elles re&#231;oivent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les enfants, par exemple, r&#233;fl&#233;chissent le bonheur qu'ils re&#231;oivent, c'est pour cela que tout le monde s'arr&#234;te pour les admirer.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;videmment quand ils seront plus grands, ils en garderont une petite partie pour eux, ils r&#233;fl&#233;chiront moins, ils seront moins lumineux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Certains, les nommer ne servirait &#224; rien, ne r&#233;fl&#233;chissent pas beaucoup. Ils passent le plus clair de leur temps &#224; accumuler et lorsqu'ils se mettent &#224; r&#233;fl&#233;chir ce n'est que pour nous donner ce qui ne leur sert plus &#224; rien.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ils nous renvoient trop vite vers les miroirs. Mais qu'est-ce qu'ils r&#233;fl&#233;chissent ceux-l&#224; ? Il faudrait poser la question &#224; Narcisse ou bien consulter les alouettes, celles qui ont perdu leur t&#234;te.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il ne faut pas passer sous silence les amas, ceux qui non seulement ne r&#233;fl&#233;chissent pas mais absorbent tout ce qui se pr&#233;sente aupr&#232;s d'eux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et de savoir qu'ils seront aval&#233;s &#224; leur tour par les superamas ne console personne. Ce sont eux qui ont fait le malheur d'Usette, la tante de Didier Moreau.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous connaissons depuis peu l'existence d'une cat&#233;gorie encore plus gourmande, c'est celle des trous noirs. Ici plus aucune r&#233;flexion, tout n'est qu'absorption.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour le moment nous n'en avons pas encore rencontr&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais toutes r&#233;flexions faites, il est plus profitable de r&#233;fl&#233;chir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Chat-minet</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Albert</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Personne n'a trouv&#233; la cachette.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://didier-moreau.net/spip/spip.php?rubrique5" rel="directory"&gt;05 - Anciens textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Non ! Mal-heureux, ne faites jamais &#231;a !
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mais... Dites donc, comment vous me parlez !... C'est votre chat peut-&#234;tre ?
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Non, ce n'est pas mon chat. Ah surtout pas !&lt;br class='autobr' /&gt;
La vieille dame s'approcha assez pr&#232;s de l'oreille du visiteur ( elle ne l'avait jamais rencontr&#233; dans le couloir mais comme elle trouvait qu'il avait un bel habit, sur le champ, elle d&#233;cida qu'il &#233;tait voyageur ) pour lui avouer, alors que cet homme lui avait tout simplement demand&#233; si c'&#233;tait son chat, qu'elle n'avait pas la passion des chats. Ni des chiens non plus, s'empressa-t-elle d'ajouter en appuyant ses propos d'une furieuse grimace qu'elle crut significative.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; C'est Chatminet.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il appartient &#224; madame Misse Tigret.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors la vieille dame se baissa un peu comme pour caresser le fin pelage court blanc et noir de la b&#234;te mais en r&#233;alit&#233; elle attrapa les deux &#233;tiquettes qui &#233;taient attach&#233;es au collier rouge du chat puis elle les laissa tomber d&#233;daigneusement pour faire voir qu'elle n'avait rien vu, qu'elle ne savait rien.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vous voyez, avant toutes choses, avant m&#234;me d'avoir l'intention de le fr&#244;ler, s'il le veut bien, il faut regarder ces deux petites pancartes qu'il tra&#238;ne avec lui.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur celle qui est bleue vous pouvez lire l'endroit o&#249; Chatminet peut aller et sur la rouge la plage horaire souhaitable.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'homme, surnomm&#233; le visiteur ou le voyageur ne comprenait pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors la vieille dame l'invita &#224; s'asseoir sur un des bancs qui se trouvaient dans le couloir du dix-septi&#232;me &#233;tage de la Tour Dix-Sept, l&#224;-m&#234;me ou logeait Alebert.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je vais vous raconter l'histoire de Chatminet rapidement et vous comprendrez pour quoi je vous ai dit ce que je vous ai dit. Mais laissez moi commencer par la fin car elle est un peu triste.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#199;a a &#233;t&#233; la fin de Galade ; il est mort &#233;touff&#233; par les cochenilles qui s'&#233;taient empar&#233;es de sa peau la nuit de la d&#233;couverte de l'endroit o&#249; le petit chat noir et blanc va cacher ses excr&#233;ments.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le voyageur, le visiteur, enfin le type qui &#233;tait maintenant assis &#224; c&#244;t&#233; de la vieille dame essayait de comprendre mais comme il ne voyait toujours pas o&#249; la vieille dame voulait en venir il songea que pour abr&#233;ger il valait mieux approuver en silence.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mais n'allez surtout pas vous imaginer que j'invente. Tout &#233;tait &#233;crit dans &#034;La B&#226;che Tiraill&#233;e&#034;, c'est le journal local. Je l'ai gard&#233;. Je vous le passerais si vous voulez voir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Donc Galade, c'&#233;tait le fils de Lance Lodulak celui qui &#233;tait amoureux de Misse Tigret mais personne ne le savait. M&#234;me pas moi, et pourtant je suis au courant de beaucoup de choses sur la Tour Dix-Sept ( elle pronon&#231;ait dise septe ), beaucoup trop dit Alebert. Je ne me serais jamais imagin&#233; &#231;a : Lance &#233;pris de Misse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors tout &#231;a pour vous dire...&lt;br class='autobr' /&gt;
Je sais plus o&#249; j'en &#233;tais...&lt;br class='autobr' /&gt;
Ah ! Si, &#231;a y est !&lt;br class='autobr' /&gt;
Donc Misse est la dame qui vit sur un fauteuil &#224; roulettes et elle ne peut pas promener Chatminet quand il en a envie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et quand elle est arriv&#233;e ici, elle laissait la porte de son appartement entre ouverte et ferm&#233;e, vous voyez ce que je veux dire, juste un peu ouverte. Et le petit chat sortait puis quand il avait assez gambad&#233; il revenait.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais les voisins se plaignaient un peu de temps en temps car ils se sentaient toujours oblig&#233;s de ramener Chatminet chez elle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les choses ont pourtant chang&#233; &#224; partir du moment o&#249; Misse a invent&#233; un ing&#233;nieux syst&#232;me d'&#233;tiquettes qu'elle attachait au collier rouge en cuir du chat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme je vous l'ai dit tout &#224; l'heure sur une &#233;tiquette elle indiquait le lieu o&#249; Chatminet pouvait aller et sur la seconde l'heure &#224; laquelle le petit chat devait revenir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et ce truc a bien plu aux enfants de la tour et d&#232;s qu'ils avaient un moment de libre apr&#232;s leurs devoirs, ils partaient dans les couloirs &#224; la recherche de Chatminet.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais il y un jour, remarquez mon brave monsieur que cela devait arriver, un enfant a pos&#233; la Question : &#034;Dis, maman o&#249; c'est qu'il fait caca Chatminet ?&#034; Personnellement, je trouve que &#231;a me d&#233;range pas, je pense m&#234;me que c'est bien pour un petit enfant d'avoir pos&#233; la Question.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et imm&#233;diatement, c'est devenu un jeu pour les jeunes de la tour de chercher o&#249; ce petit chat pouvait bien dissimuler ses excr&#233;ments.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais, vous savez il y a souvent des mais dans les histoires, le vieux bonhomme Lance s'est dit que lui aussi il pouvait enqu&#234;ter. Mais il a fait &#231;a avec la m&#233;thode scientifique. C'est &#224; dire que toute la journ&#233;e il notait les lieux et les horaires du chat.&lt;br class='autobr' /&gt;
M'est avis que c'est pas pour savoir o&#249; le chat allait mais plut&#244;t pour savoir quand il pouvait rendre visite &#224; Misse pour lui faire un brin de cour.&lt;br class='autobr' /&gt;
Personne n'a trouv&#233; la cachette, c'est pour &#231;a que Lance a fait appel &#224; son fils.&lt;br class='autobr' /&gt;
Galade est venu et au bout de cinq &#224; six jours, il a annonc&#233; qu'il savait mais qu'il voulait le dire &#224; personne, que c'&#233;tait secret. Et cet imb&#233;cile, il est mort &#233;touff&#233; mais il a r&#233;ussi encore une fois &#224; dire : &#034;C'est mon secret&#034; et puis il est parti.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'&#233;cole est finie</title>
		<link>https://didier-moreau.net/spip/spip.php?article81</link>
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		<dc:date>2014-05-29T12:06:09Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Albert</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;ce matin avec le ma&#238;tre nous avons lev&#233; l'ancre&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://didier-moreau.net/spip/spip.php?rubrique5" rel="directory"&gt;05 - Anciens textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'&#233;tait le jour du passage &#224; l'heure d'&#233;t&#233; &#224; Plouques. Mais ici le changement d'horaire a lieu &#224; midi. Et c'est aussi &#224; ce moment-l&#224; que l'&#233;cole est finie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Forc&#233;ment les parents &#233;taient venus un peu en avance. Ils attendaient devant l'&#233;cole et discutaient entre eux. Ils &#233;taient bien contents que leurs enfants quittent la classe et se retrouvent enfin dans les grandes vacances de l'&#233;t&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ils &#233;taient heureux car cela leur rappelait le temps ancien de leur enfance.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un des parents ( il semblait assez &#226;g&#233;, ce n'&#233;tait peut-&#234;tre qu'un grand-p&#232;re ) ne racontait-il pas qu'&#224; son &#233;poque les &#233;l&#232;ves faisaient un grand tas de leurs cahiers de travail et de tous les bonnets d'&#226;ne en pleine cour de r&#233;cr&#233;ation et que le ma&#238;tre y mettait le feu au milieu puis pronon&#231;ait la formule magique : &#034;Finies les p&#233;nitences !&#034; Mais la jeune dame habill&#233;e de noir ( peut-&#234;tre qu'elle &#233;tait veuve ) &#224; qui il s'adressait ne le croyait pas car elle lui r&#233;pondit aussit&#244;t : &#034;C'est invraisemblable votre histoire !&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Tous, les m&#232;res, les p&#232;res et le grand-p&#232;re se regroup&#232;rent soudain car un long v&#233;hicule noir officiel vint d&#233;poser le Premier Consul qui voulait peut-&#234;tre profiter de la fin de l'&#233;cole pour prononcer un petit discours.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsqu'il descendit de voiture, il pria le chauffeur d'aller plus loin pour d&#233;gager la petite place.&lt;br class='autobr' /&gt;
Machinalement il se mit &#224; serrer toutes les mains qui se pr&#233;sent&#232;rent comme s'il connaissait tout le monde, c'&#233;taient les mains de celles et ceux qui attendaient.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ayant fait le tour du groupe, il vint se poster devant la porte de l'&#233;cole puis essaya naturellement de l'ouvrir comme s'il inaugurait un b&#226;timent nouvellement construit. Mais la porte r&#233;sistait, il en conclut pour abr&#233;ger qu'elle &#233;tait ferm&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout de suite cela lui parut bizarre et il eut l'intuition qu'il y avait l&#224; un probl&#232;me. Cette porte ne devait pas se trouver close, &#224; plus forte raison lorsque c'&#233;tait le Premier Consul qui voulait l'ouvrir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Donc il appela le central des Satiruces pour qu'on envoie IMM&#201;DIATEMENT des personnels pour ouvrir cette porte.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il d&#233;cida, dans le m&#234;me &#233;lan, que deux pr&#233;cautions valent plus qu'une seule et d&#233;clencha l'alerte chez les pompiers.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les deux groupes de renforts arriv&#232;rent devant l'&#233;cole presque en m&#234;me temps. Les pompiers et leur camion-citerne commenc&#232;rent &#224; d&#233;rouler leur batterie de tuyaux comme &#224; l'entra&#238;nement et puis ils attendirent que les Satiruces r&#233;ussissent &#224; franchir l'entr&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais aucun d'entre eux n'avait la bonne clef, aussi un Satiruces fut envoy&#233; en &#233;claireur. Il passa par-dessus le mur gr&#226;ce &#224; l'EPP ( &#201;chelle personnelle plastifi&#233; ) d'un pompier. L'escaladeur fut l'auteur d'un &#233;pisode un peu comique car arriv&#233; en haut du mur, ne voulant pas sauter, il r&#233;clama une autre &#233;chelle pour descendre de l'autre c&#244;t&#233;. Il disparut enfin et le silence revint et l'attente recommen&#231;a sans bruit.&lt;br class='autobr' /&gt;
La jeune dame veuve en noir s'approcha du Premier Consul pour, discr&#232;tement, lui demander ce qui se passait.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle l'&#233;couta sans bouger mais les explications qu'elle avait pu obtenir ne lui suffisaient certainement pas car elle revint vers le groupe de parents en criant dans le calme de la petite place : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Mais c'est pas possible !&lt;br class='autobr' /&gt;
On peut pas laisser faire des choses pareilles !&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais c'est pas vrai &#231;a !&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Puis d'un coup elle se tut. Personne n'avait entendu ce que le Premier Consul lui avait dit et le silence redevint presque normal.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au bout d'un moment il y eut du bruit derri&#232;re la porte. Ce devait &#234;tre le Satiruces envoy&#233; expr&#232;s. Il devait s'acharner sur la serrure mais comme il se servait d'un gros marteau et d'une longue tige de fer en forme de burin, il arriva ce qui devait arriver. La porte s'ouvrit en grand parce que la serrure sous les assauts r&#233;p&#233;t&#233;s du Satiruces avait c&#233;d&#233;. Elle gisait maintenant au sol.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Premier Consul put enfin entrer dans la cour de l'&#233;cole ; il entra dignement le premier sans pr&#233;cipitation pour ne pas affoler un peu plus les parents qui d&#233;j&#224; s'impatientaient derri&#232;re lui.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ils d&#233;couvrirent ensemble le spectacle des lieux. Sur le sol de la cour &#233;taient parsem&#233;s de longs tortillons de papier tant&#244;t bleu, tant&#244;t blanc. Toutes les vitres de la classe avaient &#233;t&#233; recouvertes de papier blanc sur lequel on avait gauchement dessin&#233; de petites fen&#234;tres rondes comme on en voit sur les bateaux. Sur le rebord du balcon, au-dessus de la classe, pendait un carton o&#249; &#233;tait peint grossi&#232;rement en noir une ancre &#224; l'extr&#233;mit&#233; d'une sorte de cordage.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un enfant, sorti d'on ne sut o&#249;, vint expliquer au Premier Consul que les papiers qui jonchaient la cour figuraient symboliquement les vagues de la mer.&lt;br class='autobr' /&gt; Apr&#232;s quoi le Premier Consul lui demanda o&#249; se trouvaient le ma&#238;tre et ses petits camarades.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ils sont dans le bateau.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est ce qui lui fut r&#233;pondu.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mon petit, reprit le Premier Consul, nous sommes sur la terre ferme, en pleine ville, il n'y a pas de bateaux par ici. O&#249; veux-tu m'emmener, lui demanda-t-il.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mais c'est la classe qui est devenu notre bateau. Et ce matin avec le ma&#238;tre nous avons lev&#233; l'ancre ( il fit signe vers le haut du balcon ) pour aller en voyage au pays des grandes vacances.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voyez les fen&#234;tres de la classe, nous les avons d&#233;cor&#233;es comme les hublots des grands paquebots.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Premier Consul les regarda encore une fois.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Effectivement le r&#233;sultat ne manque pas d'allure, dit-il &#224; l'enfant.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Maintenant nous allons assister &#224; l'arriv&#233;e du bateau, reprit l'enfant.&lt;br class='autobr' /&gt;
En haut, sur le balcon la troupe des enfants apparut avec en t&#234;te le capitaine ( c'&#233;tait marqu&#233; sur un papier au-devant de son blouson ) puis les matelots qui le suivaient et en fin le ma&#238;tre qui, lorsqu'il fut arriv&#233; &#224; sa hauteur, jeta l'ancre au milieu de la cour.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est &#224; ce moment qu'il proclama : &#034;L'&#233;cole est finie&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
En bas dans la cour de l'&#233;cole, l'enfant puis le Premier Consul et aussi les parents, tout le monde applaudit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

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		<title>Dire</title>
		<link>https://didier-moreau.net/spip/spip.php?article83</link>
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		<dc:date>2014-05-28T13:56:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Albert</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;un nouveau moyen de communiquer&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://didier-moreau.net/spip/spip.php?rubrique5" rel="directory"&gt;05 - Anciens textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Didier a fait ma&#231;onner l'ancienne porte qui permettait de passer chez sa voisine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il a fait &#231;a sur un coup de t&#234;te mais surtout &#224; la suite du refus de Jeanne d'ouvrir cette porte.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un peu de temps a pass&#233; et pour sa part il a bien oubli&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais reste entre eux la pr&#233;sence de ce mur imposant qui n'est pas pr&#234;t &#224; s'effondrer bien que cela arrive souvent avec ce genre de ma&#231;onnerie de pierres s&#232;ches sans ciment.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce mur qui les s&#233;pare est tr&#232;s large, sa forme est r&#233;guli&#232;re et on voit bien qu'il a &#233;t&#233; construit dans les r&#232;gles de l'art.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand Didier entend du bruit de l'autre c&#244;t&#233;, il a quelquefois envie d'appeler Jeanne mais son orgueil l'en emp&#234;che ou le lui interdit, il ne sait. Alors d'un geste de d&#233;go&#251;t, il lance la main dans son dos par dessus de l'&#233;paule et s'en va.&lt;br class='autobr' /&gt;
De l'autre c&#244;t&#233; Jeanne n'oublie pas qu'elle a refus&#233; d'utiliser cette porte mais elle ne sait plus pourquoi elle a dit non et d'en avoir oubli&#233; la raison la fait sourire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors quand elle a la curiosit&#233; de voir ou d'entendre son voisin, elle ne s'embarrasse pas de pr&#233;cautions et monte sur le mur par un genre d'escalier qu'elle a m&#233;nag&#233; au fond du jardin.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et de l&#224;, dominant la situation, elle appelle Didier sans plus de formalit&#233; comme si elle &#233;tait encore chez elle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il arrive tout de suite, se rapproche d'elle et r&#233;pond &#224; son appel par pure politesse.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Bonjour Didier, qu'est-ce que tu fais aujourd'hui ?
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Salut Jeanne, aujourd'hui...et bien...tu vois, j'avais d&#233;cid&#233; de ramasser un peu les herbes. Mais &#231;a ne marche pas trop, ou bien je me lasse, ou bien j'en vois pas trop la n&#233;cessit&#233;.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mais au contraire c'est indispensable sinon tes arbres, ils ne pousseront pas comme il faudrait qu'ils poussent et ils vont se faire &#233;touffer &#224; petit feu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu sais pourquoi je t'ai appel&#233; ?
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Non mais tu vas bient&#244;t me le dire je devine.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oui, figure toi qu'hier j'&#233;tais chez une copine et sur Internet elle m'a fait voir les textes que tu &#233;cris.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ah bon et elle a trouv&#233; &#231;a comment ?
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Eh bien avec un moteur de recherches, elle a mis ton pr&#233;nom et ton nom, Didier Moreau et imm&#233;diatement dans les r&#233;sultats il y avait : &#034;Le Site Internet de Didier Moreau&#034;.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oui j'ai bien compris mais les textes, elle les a jug&#233;s comment : bons, mauvais ou &#224; peu pr&#232;s ?
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Elle m'a dit comme &#231;a : &#034;C'est pas trop nul&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais dis moi, pourquoi tu fais &#231;a ?
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Qu'est-ce que je fais ?
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pourquoi tu publies tes travaux d'&#233;criture sur l'Internet ?
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Peut-&#234;tre d'abord pour voir la gueule que &#231;a a avec des caract&#232;res officiels ; et puis pour les lire comme si c'&#233;tait quelqu'un d'autre qui les avait &#233;crits.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oui mais &#231;a se suit pas, il n'y a pas d'histoire avec un d&#233;but et une fin.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Depuis toujours que j'avais d&#233;cid&#233; un jour d'&#233;crire, je savais que je publierai sur Internet par ce que c'est un nouveau moyen de communication.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et donc maintenant pendant que je suis en train d'apprendre, ce sont mes brouillons, mes essais que je publie sans rien cacher.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est un peu comme si tu venais chez moi et que tu lises les papiers sur la table de travail.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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