Accueil > 02 - Histoires Courtes > 62 - Christophe Rosso

62 - Christophe Rosso

mardi 12 août 2025, par Albert

Il vit au bord de la mer, dans un pays où le soleil ne s’absente pas souvent. L’eau de la mer est si belle que tous les deux jours, il la regarde longuement quand il va acheter le quotidien local au kiosque de la plage. Les nouvelles du coin, les faits divers en remplissent les pages.
Aujourd’hui un titre qui pourrait faire partie des faits divers attire tout de suite son attention. Il a saisi le journal et lit déjà l’article. Il ne l’a pas encore payé. Il tend la monnaie au kiosquier tout en lisant.

Un promeneur a disparu depuis deux jours près d’Utelle.

C’est le nom du village qui a excité sa curiosité. C’est un endroit qui lui est familier. Il a passé de nombreuses années de sa jeunesse chez son oncle et sa tante qui habitaient à côté de ce village.
Il demande alors au marchand de journaux s’il a encore celui d’hier. Il est là, il l’achète. Il va retourner à la maison et va pouvoir découvrir les informations sur ce pays qu’il connaît si bien, depuis si longtemps.
Ce n’est pas le promeneur disparu qui le préoccupe mais plutôt ce lieu qu’il connaît et qui le rattache à son enfance. Le fait qu’un gars se soit perdu ou bien ait eu un accident passe au second plan.
À la limite, c’est presque pour qu’un journaliste lui parle d’un endroit où il a passé une grande partie de sa jeunesse, pour qu’il retrouve une partie de sa vie qu’il affectionne beaucoup.
Méthodiquement il a commencé la lecture du journal de la veille car là aussi on parle du disparu.

Un marcheur qui est descendu à l’hôtel de la mer n’a pas rejoint son hôtel à la fin de la journée. On ne sait pas exactement si cela date d’un jour ou deux.
L’hôtelier interrogé ne se montre pas trop précis. Il mentionne toutefois la voiture du promeneur qui n’a pas changé de place. Quant au nom il dit qu’il ne le donnera qu’à la police.
Tout ce qu’il peut dire c’est que le marcheur est parti assez tôt car il avait demandé un panier-repas. Bref personne ne l’a vu le matin quand il est parti car le personnel n’arrive qu’à sept heures moins le quart.

Sur le journal du lendemain on apprend que :

Le chien qui l’avait peut-être accompagné est revenu seul.

Quelques jours plus tard, il y a d’autres informations sur le chien.

C’est un épagneul breton. Ce n’est pas le chien du promeneur. C’est celui d’un habitant du village qui l’a dressé pour qu’il ramène les marcheurs qu’il trouvait sur le sentier jusque devant de l’hôtel.

C’est, en quelque sorte un chien rabatteur.

L’hôtelier lui donnait à manger uniquement lorsqu’il ramenait les clients ou d’autres promeneurs à l’hôtel.

Dans cet hôtel, il y a un couple de Plouques. Le boulanger Félicien et sa femme Gérarde. Ils se sont promenés souvent en compagnie du chien.
Et à chaque balade ils croyaient qu’ils allaient découvrir le mort. Et chaque fois, le chien les ramenait à l’hôtel.
Mais quand les policiers ont trouvé le corps du disparu, cela a créé un malaise au niveau du chien.

Le propriétaire ne le voulait plus car il l’estimait coupable de ne pas avoir ramené le promeneur (celui qui a disparu et que l’on a retrouvé mort) à bon port.
Quant à l’hôtelier, il ne le nourrissait plus, il ne voulait plus en entendre parler. Il disait c’est le chien de la mort. Il ajoutait : je ne veux plus le voir devant mon établissement.

Le couple de Plouques l’a adopté et ils sont retournés chez eux avec le chien. C’est comme ça qu’on a su son nom, il s’appelle Olibrius.

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par les responsables.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.